Jean Lurçat (1892-1966)

Prix / Price : 
- 2 000 €
2 001 - 5 000 €
5 001 - 10 000 €
+ 10 000 €

 

Combat de coqs,  tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard.
1940.

 

L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés.

Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde.

Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.

 

L’homme est le thème central des premières tapisseries de Lurçat, il se fera plus rare ensuite ; le coq, lui, restera omniprésent, mais avec une évolution significative du motif. A l’orée de son œuvre de cartonnier, cette association permet de voir quels rôles leur sont alors assignés : à cette époque (prémices de ce que l’on appellera la »Renaissance de la Tapisserie ») , l’homme, primitif, est un élément de la nature  (vêtu de feuilles, il évolue dans un environnement automnal aux teintes assourdies), qui s’efforce de domestiquer des coqs encore très réalistes, loin de la dimension symbolique qu’ils acquerront par la suite dans l’imaginaire de Lurçat ; un Lurçat ici d’inspiration encore bucolique.
Un exemplaire de« Combat de coqs » (et de son pendant « Jardin des coqs ») sont conservés au Musée National d’Art Moderne, à Paris, pièces acquises par l’Etat dès 1940.

 

 

Bibliographie :
Cat. Expo. Jean Lurçat, Tapisseries nouvelles, Maison de la pensée Française, 1956
Cat. Expo. Lurçat, 10ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976
Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986
Cat. Expo. L'homme et ses lumières, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1992
Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992
Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004
Jean Lurçat, le chant du Monde, Angers, 2007
Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013
Cat. Expo. Gewebte Traüme, Kunstmuseum Moritzburg, Haale, 2016, ill. p.8, p.32-33

 


 

Hauteur (en cm) : 
245
Largeur (en cm) : 
286