-
Lurçat sollicite Saint-Saëns, d’abord fresquiste, dès 1940. Et, pendant la guerre, celui-ci produit ses premiers chefs d’oeuvre allégoriques, tapisseries d’indignation, de combat, de résistance : « les Vierges folles », « Thésée et le Minotaure ». A l’issue de la guerre, tout naturellement, il rejoint Lurçat dont il partage les convictions (sur le carton numéroté et les tons comptés, sur l’écriture spécifique que requiert la tapisserie,…) au sein de l’A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie). Son univers, où la figure humaine, étirée, allongée, tient une place considérable (comparée notamment à la place qu’elle occupe chez ses confrères Lurçat, ou Picart le Doux), tourne autours de thèmes traditionnels : la femme, la Commedia dell’arte, les mythes grecs,…, sublimés par l’éclat des coloris et la simplification de la mise en page. Il évoluera ensuite, dans les années 60 vers des cartons plus lyriques, presque abstraits, où dominent éléments et forces cosmiques. « L’éclair » [autre nom de notre carton]… témoigne de l’orientation nouvelle de Saint-Saëns, sensible dès les années 60 ; il évoque les forces cosmiques [ou, avec notre titre, les phénomènes physiques] moins par la précision du dessin que par la puissance, la stridence même de la couleur ….Cette tapisserie orna l’affiche de l’Aérospatiale lors de l’inauguration de son Centre Culturel à Toulouse en 1971», nous dit Michèle Heng, dans le catalogue de l’exposition d’Aubusson. Bibliographie : Cat. Expo. Saint-Saëns, oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987, reproduit p.47 Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997-1998Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé de l'artiste. 1970.
-
La terre et la mer II
Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Hecquet. Avec son bolduc signé de la veuve de l'artiste, n°1/6. 1960. Jean Picart le Doux est l'un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot "la Marseillaise". Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,...), il est membre fondateur de l'A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L'Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l'Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,.... Si les conceptions de Picart le Doux sont proches de celles de Lurçat, ses sources d'inspiration, ses thématiques, le sont aussi, mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles...), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux...), l'homme, les textes,.... Ce carton reprend, plus petit, le carton original (170 x 272 cm) de 1960. A cette époque, Picart le Doux commence ses cartons de type binaire, avec allégories conjuguées d’éléments. Une typologie se met en place (poissons + coquillage = mer ou eau, papillons+ racines = terre), que Picart le Doux utilisera jusqu’à la fin. Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d'art, 1972, n°103 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, tapisseries, Musée de Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980 -
Composition
De retour en France dans les années 50, après un long séjour en Argentine, Berroeta donne alors de nombreux cartons dans un style d’abord figuratif (animaux, personnages,…) puis qui se tourne vers l’abstraction, comme dans sa peinture. S’il reprend le motif des poissons, très répandu dans la tapisserie de l’époque (cf. Lurçat, Picart le Doux), Berroeta peut prétendre à une réelle légitimité dans un sujet qu’il a traité à plusieurs reprises, dans « Mer du Sud » par exemple.Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Circa 1950. -
Garrigue de printemps
Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Jean Laurent. Avec son bolduc, n°3/8. 1976.Si Debiève a conçu de nombreux cartons, dans une esthétique typique des années 40 (« le remailleur de filets », « le potier »,….), ils ont pour l’essentiel été imprimé sur tissus De façon plus confidentielle, il a été tissé à Aubusson, et ses cartons sont proches de sa peinture inspirée de la Provence. -
La légende de Saint hubert
Adnet, à la tête de la Compagnie des Arts Français depuis 1928, souhaite redonner à la tapisserie une place éminente dans le décor intérieur, en n’imitant pas la Peinture, et en se contraignant aux tons comptés (dans une démarche parallèle à celle de Lurçat). Il sollicite pour cela, en même temps que Despierre, Coutaud, Planson, ou Brianchon. Féru d’art monumental (il concevra aussi des vitraux, des mosaïques, sera professeur puis chef de l’atelier d’art mural de l’Ecole nationale des Arts décoratifs), Despierre, après ces premières commandes pendant la guerre, sera régulièrement mis à contribution par les Manufactures nationales qui tisseront « la pêche », « la chasse », « le droit maritime », « le droit industriel et commercial »… au long des années 50 et 60. Les couleurs franches (les vêtements du personnage de gauche, dignes du maniérisme !), les figures denses et monumentales (typiques de l’époque comme de l’artiste), ne doivent pas éluder la signification de la tapisserie : un sujet religieux, vecteur de foi et d’espérance dans une période troublée (Saint-Saëns, Lurçat aussi sauront dissimuler le symbole derrière l’apparence). Un paradoxe, si l’on considère les préoccupations, essentiellement décoratives, d’Adnet. La Cité de la tapisserie d’Aubusson possède un exemplaire de cette tapisserie, inversée, et avec une bordure différente de la nôtre ; c’est celle qui est illustrée dans la bibliographie. Bibliographie : Cat. Exp. La tapisserie française du moyen âge à nos jours, Musée d’Art Moderne, Paris, 1946, n°247 Cat. Exp. Tapisseries contemporaines, Musée de Lyon, 1956, reproduit fig. n°3 Heng Michèle, Aubusson et la renaissance de la tapisserie, Histoire de l'art N° 11, 1990, Varia, Fig. 5 page 69 Cat. Exp. Jean Lurçat, compagnons de route et passants considérables, Felletin, Eglise du château, 1992, reproduit p.20-21 Cat. Exp. Tapisserie et expressions du sacré, Aubusson, musée départemental de la tapisserie, 1999, reproduit p.36 Cat. Exp. Fantastiques chevauchées, le cheval en tapisserie, Aubusson, musée départemental de la tapisserie, 2008, reproduit p.63Tapisserie d’Aubusson tissée dans l' atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français. 1943. -
Synthèse
Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Hamot. 1961. Jean Picart le Doux est l'un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot "la Marseillaise". Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,...), il est membre fondateur de l'A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L'Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l'Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,.... Si les conceptions de Picart le Doux sont proches de celles de Lurçat, ses sources d'inspiration, ses thématiques, le sont aussi, mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles...), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux...), l'homme, les textes,.... « Synthèse » reprend les motifs de « Cosmogonie » (1948) : la connaissance scientifique est justement synthétisée par la présence d’un astrolabe, d’un compas, d’une pyramide, d’un livre d’histoire naturelle…. Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966, n°15 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d'art, 1972, n°107 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, tapisseries, Musée de Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980 -
Le merle blanc
Devenu peintre-cartonnier sur le tard, Henri Ilhe a néanmoins conçu, à partir de 1964, un œuvre tissé tout à fait considérable (plus de 120 cartons, tous tissés chez Tabard) au style aimable, fait d’oiseaux ou de papillons s’ébattant dans des arbustes aux branches noueuses. En représentant un oiseau aussi rare qu’un mouton à cinq pattes, Ilhe n’a pas de prétention ornithologique, il se veut simplement l’illustrateur d’une Nature faite de singularités.Tapisserie tissée à Aubusson par l’atelier Tabard. Avec son bolduc signé de l'artiste. Circa 1965. -
La loi
Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Rivière des Borderies. Avec son bolduc. 1951.Perrot commence son oeuvre de cartonnier à l’issue de la guerre, réalisant près de 500 cartons, avec de nombreuses commandes de l’Etat, la plupart tissées à Aubusson. Son style éminemment décoratif et chatoyant est très caractéristique : un foisonnement de papillons ou d’oiseaux, le plus souvent, se détache sur un fond végétal, dans le goût des tapisseries mille-fleurs (dont s’inspirera aussi Dom Robert). Les représentations ornithologiques, qui se déclinent chez Perrot à l’infini, sont capables d’une extraordinaire variété d’allégories : par exemple avec « la discorde » et « la méditation » pour le Palais de Justice de Paris qu’illustrent respectivement tétras et chouettes. Rien de tel ici qu’un aigle majestueux à l’œil sévère, inspirant le respect, pour incarner « la Loi ». Bibliographie : Tapisserie, dessins, peintures, gravures de René Perrot, Dessein et Tolra, 1982








