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  • Cap d'Antibes, mistral

     
     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Four. Avec son bolduc, n°EA2/2. D'après une oeuvre de l'artiste de 1888, conservée au Museum of Fine Arts, Boston.
          La manufacture Four reproduit en tapisserie, tissée à la main, certaines des grandes oeuvres de la peinture : ainsi Klee, Modigliani, Macke ou, ici, mONET ont été transcrits en laine, en reproduisant les nuances de matières et de touches des artistes.  
  • Les affluents

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Goubely. Avec son bolduc signé. Circa 1955.
      L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Motifs foisonnants (eau, végétaux, poissons, papillons…) cohabitent et convergent ici (« les affluents ») dans une synthèse de la Nature typique de l’artiste.   Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016      
  • De l'autre côté

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc, n°1/6. Circa 1970.
         
    Marc Petit rencontre Jean Lurçat en 1954, séjourne à Aubusson en 1955, expose pour la première fois à La Demeure en 1956, devient membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1958. A partir de ces débuts fulgurants, il produit des centaines de cartons, dans un style très personnel, où des échassiers croisent des funambules dans des paysages oniriques.   Economie de moyens toujours, avec de larges aplats et une gamme chromatique resserrée : « de l’autre côté » est le doublon d’une autre tapisserie autrefois en notre possession « Contrejour », même composition, de mêmes dimensions, mais aux couleurs différentes.
         
  • Envol

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc. 1963.
       
    S’il fût peintre (grand prix de Rome de peinture en 1939), conservateur (au Musée du Havre, aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris, il conçut l’aménagement de ces 2 bâtiments), fresquiste, illustrateur, Arnould se consacra aussi à la tapisserie, avec les ateliers Pinton, à partir de 1961. Son oeuvre tissé, réduit à quelques cartons, témoigne de son adhésion, à l’époque, à l’abstraction lyrique, dont témoignent les titres “Mouvement libre” ou notre “Envol”. Il y utilise notamment certains éléments de langage graphique propres à la Tapisserie : pointillés, rayures, hachures, damiers….
         
  • La cueillette des fruits

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Rivière des Borderies. Avec son bolduc d'origine, et un bolduc postérieur signé de l'atelier Pinton. 1946.
        Formé par Bissière à la décoration murale, éminent concepteur de vitraux et décorateur de théâtre, Le Moal consacra une bonne partie de son activité artistique aux arts monumentaux. Concernant la tapisserie, son œuvre, liée à des cercles amicaux (le groupe « Jeune France », Manessier, Perrot…), restera finalement réduite : il sera tissé chez Rivière des Borderies dès 1946, et, surtout, chez Plasse le Caisne, depuis 1951 (« la Comédie », « la Tragédie », conservées au Mobilier National), jusqu’à des cartons illustrant l’évolution de l’artiste vers l’abstraction.   « La cueillette des fruits » illustre la phase « néo-cubiste » de l’artiste, protagoniste majeur de la « Nouvelle Ecole de Paris ». René Perrot, qu’il avait connu pendant la guerre dans le cadre du mouvement « Jeune France », était devenu, dès 1945, le conseiller artistique (mais aussi le principal créateur de cartons) de la manufacture Rivière des Borderies à Felletin : c’est lui qui sollicita Le Moal (mais aussi Manessier, Singier…), preuve, une fois de plus, de l’adaptabilité des lissiers, à tisser les artistes les plus variés.      
  • Soleil levant

        Tapisserie tissée par l'atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé, n°I/VI. Circa 1970.       Artiste abstraite autodidacte, Caroline Lonchambon est restée en marge des canaux officiels ou commerciaux de médiatisation de ses réalisations. Son œuvre tissée, souvent faite de cercles (et influencée par Kupka), hésite entre la traduction de l’infiniment grand (« Parcelles de Cosmos ») et le regard microscopique (« Atomes messagers de joie »), bien que dans notre « Soleil levant », elle se fasse plus figurative. Elle a, en général, été tissée par l’atelier de Saint-Cyr de Pierre Daquin.  
  • Trois oiseaux blancs

       
     
    Tapisserie d’Aubusson tissées par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé, n°EA/1. 1968.
        Membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l’immédiat après-guerre. D’abord influencé par celui-ci, l’oeuvre de Wogensky (159 cartons d’après le catalogue d’exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d’oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S’il s’est toujours proclamé peintre, la réflexion de l’artiste sur la tapisserie est très aboutie : “Réaliser un carton mural…. c’est penser en fonction d’un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c’est aussi l’exigence d’un geste large qui transforme et accentue notre présence”.   Le thème de l’oiseau, omniprésent, a, le plus souvent, une traduction abstraite, cinétique, chez Wogensky : Traits, trajectoires, forces, énergies,… sont les qualificatifs qu’emploient alors critiques et commentateurs. Pourtant, avec ses « Trois oiseaux blancs » (motif repris avec « Plein vol » en 1982), l’artiste revient à une approche plus figurative du sujet, où ailes, becs, queues sont lisibles, bien que furtifs.     Bibliographie : Cat. Expo. Oiseaux solaires, oiseaux marins, tapisseries de Robert Wogensky, Paris, galerie la Demeure, n°2 ill. Cat. Expo. Robert Wogensky, l’oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989 Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989-1990
     
     
  • Eau calme

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Hamot. Avec son bolduc, n°1/6. 1965.
     
     
    C’est en 1953 que Jean Picart le Doux offre à Chaye de devenir son assistant et l’encourage à créer des cartons de tapisserie : il réalisera alors de nombreux cartons bucoliques, mais aussi des vues de Normandie (Mont Saint Michel, Honfleur, régates,…), dont il est originaire.   L’élément aquatique, sous différentes formes (fontaines, rivières, étangs… est un leitmotiv chez Chaye ; il permet de délicates harmonies colorées, autours des nénuphars notamment (cf. »Blanches libellules », « Fraîcheur »…)     Bibliographie : Simon Chaye tapisseries contemporaines, Editions Librairie des musées, 2014, ill. p.20  
  • Hiver vous n'êtes qu'un vilain

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Bascoulergue pour AMI. Circa 1950.
          Protagoniste majeur des arts décoratifs au sens large (céramique, jardins, fresques, illustration de livres….), Paul Vera a toujours manifesté beaucoup d'intérêt pour la tapisserie : dès 1923, il compose pour l’Ecole Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson une "toilette de Flore" aux tons déjà limités (29), 15 ans avant Lurçat. Il fournira aussi des cartons aux Gobelins et à Beauvais dans les années 30 et 40, avant de participer, à partir de 1942, à l'aventure des ateliers ART d'Antoine Behna, avec l'aide de Guillaume Janneau : il en fut le principal contributeur, en donnant 15 cartons.   Sans parler du texte illustré, oeuvre de Charles d’Orléans (1394-1465), les références à la tapisserie médiévale (et/ou classique) sont nombreuses : les mots comme motifs plastiques donc, les lés de couleurs vives, l’absence de perspective, les allégories des saisons, les putti, le fond « mille-fleurs »… Le vélo apparaît dans ce contexte d’harmonies naturelles, comme une incongruité, déférente à la modernité.   Bibliographie : G. Janneau, A. Behna, Tapisseries de notre temps, 1950, n°30
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