Jazz rouge

 

 

Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely.
Avec son bolduc signé, n°1/6.
1972.

 

 

 

 

« Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j’étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l’aide d’un code…..La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l’ai pratiquée, c’est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d’une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions » (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l’oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C’est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l’atelier Goubely) ; puis il rejoint l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d’autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,…), orientera résolument la tapisserie vers l’abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées, dans des tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige).

 

“Jazz rouge” (comme son écho plus petit “Jazz jaune”) date de 1972 : l’art de Prassinos est alors en pleine évolution; on retrouve néanmoins dans notre carton sa manière caractéristique des années 60, faite de forms abstraites, complexes et imbriquées. Le titre l’inspirant l’éloigne des plus habituelles références à la mythologie, l’art classique ou le théâtre shakespearien.

 

 

 

 

 

Bibliographie :
Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974
Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, n°133 (ill.)
Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984, ill. p.12
Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988