Le combat de coqs

 

Tapisserie d’Aubusson tissée dans l’atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français.
1946.

 

 

 

Adnet, à la tête de la Compagnie des Arts Français depuis 1928, souhaite redonner à la Tapisserie une place éminente dans le décor intérieur, en n’imitant pas la Peinture, et en se contraignant aux tons comptés (dans une démarche parallèle à celle de Lurçat, mais sans le carton numéroté). Il sollicite pour cela, pendant la Guerre, Coutaud, Planson, ou Brianchon, ses amis peintres (qui, du reste, seraient bientôt sollicités par les Manufactures Nationales) : “nous avons voulu démontrer que la tapisserie contemporaine trouve sa place dans un ensemble et peut aider efficacement à l’ambiance d’une pièce” (L. Chéronnet, Jacques Adnet, Art et Industrie, 1948). La compagnie des Arts Français organisa jusqu’en 1946 des expositions de tapisseries dans ses locaux : c’est à cette occasion qu’est exposée notre oeuvre de Tal-Coat.

 

« Le combat de coqs » apparaît ici comme une exception (en plus d’une rareté, c’est la première tapisserie de l’artiste, peut-être la seule ?) : les thèmes habituels tissés pour la C.A.F. renvoient le plus souvent à un univers aimable, qui se veut l’illustration du grand goût « à la française ». Rien de tel chez Tal-Coat, où les convulsions de l’époque apparaissent ici de façon assez transparente, dans une thématique qui restera chez lui presque absente en peinture.

 

Bibliographie :
Art et décoration, 1946.3, ill.