Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely.
N°1/6.
1968.
« Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j’étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l’aide d’un code…..La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l’ai pratiquée, c’est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d’une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions » (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l’oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C’est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l’atelier Goubely) ; puis il rejoint l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d’autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,…), orientera résolument la tapisserie vers l’abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées, dans des tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige).
On retrouve, dans ce carton, les formes, abstraites, complexes et imbriquées, typiques de l’artiste, ainsi que son délicat jeu des chinés gris, porté ici à son firmament. La quasi-bichromie et la composition ternaire, dont témoigne le titre, sont, à l’époque, plus rares, en attendant « les 3 P » ou « Parc ».
Bibliographie :
Cat. Expo. Mario Prassinos, œuvre tissé, Galerie la Demeure, 1961
Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974
Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, ill. n°100
Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984
Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988