Les plus belles pièces

  • Serpent vitrail

     
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. N°4/6. Circa 1970.
           
     
  • Hiver vous n'êtes qu'un vilain

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Bascoulergue pour AMI. Circa 1950.
          Protagoniste majeur des arts décoratifs au sens large (céramique, jardins, fresques, illustration de livres….), Paul Vera a toujours manifesté beaucoup d'intérêt pour la tapisserie : dès 1923, il compose pour l’Ecole Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson une "toilette de Flore" aux tons déjà limités (29), 15 ans avant Lurçat. Il fournira aussi des cartons aux Gobelins et à Beauvais dans les années 30 et 40, avant de participer, à partir de 1942, à l'aventure des ateliers ART d'Antoine Behna, avec l'aide de Guillaume Janneau : il en fut le principal contributeur, en donnant 15 cartons.   Sans parler du texte illustré, oeuvre de Charles d’Orléans (1394-1465), les références à la tapisserie médiévale (et/ou classique) sont nombreuses : les mots comme motifs plastiques donc, les lés de couleurs vives, l’absence de perspective, les allégories des saisons, les putti, le fond « mille-fleurs »… Le vélo apparaît dans ce contexte d’harmonies naturelles, comme une incongruité, déférente à la modernité.   Bibliographie : G. Janneau, A. Behna, Tapisseries de notre temps, 1950, n°30
  • Orphée et les Muses

     
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français. 1942.
        Peintre et graveur, Lucien Coutaud travaille aussi pour le théâtre avec Dullin, Barrault : il réalise alors de nombreux décors et costumes. Mais c’est la rencontre avec Marie Cuttoli en 1933 qui l’amènera à la tapisserie : celle-ci lui commande alors surtout des  cartons de sièges . La plupart des tapisseries suivantes seront tissés chez  Pinton pour la Compagnie des Arts Français, qui vise à intégrer la Tapisserie dans le décor intérieur. Les 3 dernières tapisseries de l’artiste en 1960 témoignent de sa renommée puisque « Jardins exotiques » ornent le salon de Première Classe du "France" . Les qualités de scénographe influencé par le surréalisme se reflètent dans l’œuvre tissée de Coutaud : son univers est figuratif, mais stylisé (les formes sont aiguës, hachées), résolument onirique, avec d’insolites bordures très souvent.   L’évocation des grands mythes reste rare dans la tapisserie moderne mais la fonction allégorique (à comparer avec »Thésée et le Minotaure » de Saint-Saëns notamment) du héros allant aux Enfers pour en ramener sa bien-aimée, reste ouverte, en ces temps de guerre. Ici, c’est d’ailleurs plus le thème de l’inspiration musicale qui prévaut (Coutaud était proche de Milhaud, Lifar, ou Claude Lute) dans le registre onirique habituel à l’artiste. Un exemplaire a figuré à l’exposition de 1946. Par ailleurs, Il existe une variante de la tapisserie, de plus grandes dimensions, avec des bordures supplémentaires.   Bibliographie : Collectif, Muraille et laine, éditions pierre Tisné, 1946, planche 57 Cat. Exp. Lucien Coutaud, œuvre tissé, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1988-1989, illustrée p.25 Robert Guinot, la tapisserie, Aubusson et Felletin, éditions Dessagne, ill.p.20-21 Cat. Exp. Le salon de musique, Felletin, église du château, 2002, ill. p.36  
     
  • Envol

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc. 1963.
       
    S’il fût peintre (grand prix de Rome de peinture en 1939), conservateur (au Musée du Havre, aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris, il conçut l’aménagement de ces 2 bâtiments), fresquiste, illustrateur, Arnould se consacra aussi à la tapisserie, avec les ateliers Pinton, à partir de 1961. Son oeuvre tissé, réduit à quelques cartons, témoigne de son adhésion, à l’époque, à l’abstraction lyrique, dont témoignent les titres “Mouvement libre” ou notre “Envol”. Il y utilise notamment certains éléments de langage graphique propres à la Tapisserie : pointillés, rayures, hachures, damiers….
         
  • Les perroquets

     
     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pinton pour le Moulin de Vauboyen. N°4/8. Circa 1970.  
        Dufy a toujours manifesté pour les arts décoratifs et les techniques artisanales une véritable vocation : illustration de livres, céramiques,.. et textile : sous l’égide de Paul Poiret, il crée d’abord des motifs décoratifs destinés à l’impression de tissus, avant de collaborer avec la maison de soierie lyonnaise Bianchini-Férier. Ensuite, ce furent les commandes destinées à la manufacture de Beauvais (l’ensemble mobilier « Paris » ), à Marie Cuttoli, les cartons tissés à Aubusson pendant la guerre (« le bel été »), la collaboration avec la galerie Louis Carré par la suite : un rôle, sinon éminent, dans la Renaissance de la Tapisserie, en tous cas, un effort prolongé dans le medium. Dans les années 60 encore, les Manufactures Nationales jugeront pertinent le tissage de tapisseries d’après des peintures antérieures de l’artiste.   Dufy, à la fin des années 20, réalise à Antibes pour la villa « l’Altana » d’Arthur Weisweiller une série de 4 panneaux décoratifs : ils reprennent certains motifs utilisés déjà pour des tissus de Bianchini-Férier, avec ce décalage entre cernes et couleurs devenus caractéristiques de l’artiste. Les éléments de ce décor serviront de modèles afin d’être tissés, de façon fragmentaire et à plus petite échelle (et avec des différences de détail), pour Pierre de Tartas au moulin de Vauboyen.    
  • Les comédiens

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. Avec son bolduc. 1959.       Lurçat sollicite Saint-Saëns, d'abord fresquiste, dès 1940. Et, pendant la guerre, celui-ci produit ses premiers chefs d'oeuvre allégoriques, tapisseries d'indignation, de combat, de résistance : "les Vierges folles", "Thésée et le Minotaure". A l'issue de la guerre, tout naturellement, il rejoint Lurçat dont il partage les convictions (sur le carton numéroté et les tons comptés,  sur l'écriture spécifique que requiert la tapisserie,...) au sein de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie). Son univers, où la figure humaine, étirée, allongée,  tient une place considérable (comparée notamment à la place qu'elle occupe chez ses confrères Lurçat, ou Picart le Doux),  tourne autours de thèmes traditionnels : la femme, la Commedia dell'arte, les mythes grecs,..., sublimés par l'éclat des coloris et la simplification de la mise en page. Il évoluera ensuite, dans les années 60 vers des cartons plus lyriques, presque abstraits, où dominent éléments et forces cosmiques.   Les thèmes de la musique, du théâtre, et plus spécifiquement de la Comedia dell’Arte (« la Comédie Italienne », carton de 1947) sont omniprésents chez Saint-Saëns : il en respecte les figures, Lelio et Isabelle à gauche, Pierrot, le Capitan et Arlequin à droite, aux dessins si particuliers, non dénués d’humour, dans leurs costumes traditionnels. Le premier exemplaire figurera dans les collections du Shah d’Iran.   Bibliographie : Lawrence Jeppson, Murals of wool, Washington D.C., Jeppson galleries, 1960, ill. n°12 Cat. Expo. Saint-Saëns, galerie La Demeure, 1970 Cat. Expo. Saint-Saëns, oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997-1998  
  • 2 blanches, 1 noire

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. N°1/6. 1968.
          « Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j’étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l’aide d’un code…..La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l’ai pratiquée, c’est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d’une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions » (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l’oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C’est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l’atelier Goubely) ; puis il rejoint l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d’autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,…), orientera résolument la tapisserie vers l’abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées, dans des tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige).   On retrouve, dans ce carton, les formes, abstraites, complexes et imbriquées, typiques de l’artiste, ainsi que son délicat jeu des chinés gris, porté ici à son firmament. La quasi-bichromie et la composition ternaire, dont témoigne le titre, sont, à l’époque, plus rares, en attendant « les 3 P » ou « Parc ».     Bibliographie : Cat. Expo. Mario Prassinos, œuvre tissé, Galerie la Demeure, 1961 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, ill. n°100 Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988
  • Les musiciennes 2 (détail)

       
    Tapisserie tissée par l'atelier Fino à Portalegre. Avec son bolduc. 1953-1964.
          S’il est surtout connu comme l’un des principaux représentants, aux conceptions théoriques radicales, du mouvement moderne en architecture, Le Corbusier a également pratiqué (comme Picasso par exemple) à peu près tous les arts plastiques et décoratifs.  Ainsi s’est-il  intéressé à la tapisserie, notamment en regard de ses théories architecturales. Il envisage la tapisserie comme « le Mural des temps modernes », d’où un néologisme de sa création, « Muralnomad » : la tapisserie devient le mur de laine que ses contemporains emportent avec eux au gré de leurs déplacements, et constitue, non pas un simple élément de décor, mais participe de l’agencement spatial des intérieurs, tout en contribuant à leurs harmonies visuelles (et acoustiques). Ces réflexions théoriques se matérialisent par la conception, notamment avec le concours de Pierre Baudouin (qui, dans un rôle de directeur technique sert d’interface avec les lissiers), d’une trentaine de cartons, de 1948 à sa mort (après un premier carton dès 1936, pour Marie Cuttoli) : s’ils  reprennent certains motifs de ses peintures (figures féminines, objets venus du Purisme, thèmes mythologiques,…), ces cartons s’en veulent distincts,  et spécifiquement conçus pour la tapisserie : netteté du trait, noir, aplats de couleurs pures, …. « Les Musiciennes » est un carton de 1953, de grandes dimensions, tissé en 2 versions distinctes. Notre tapisserie reprend un détail des « Musiciennes » 2e version, et témoigne du désir de l’architecte, en 1964, de collaborer avec l’atelier Fino de Portalegre, au Portugal (où étaient aussi tissés Lurçat, Matégot, Julio Pomar…) ; ce fut finalement leur seule collaboration, Le Corbusier décédant en 1965. Le détail choisi insiste sur les visages et les mains (motif récurrent, qui donne d’ailleurs son titre à un carton de 1951), dans une sorte de dialogue imaginaire entre 2 personnages affrontés.     Bibliographie : Cat. Expo. Les Tapisseries de le Corbusier, Paris, Musée des Arts Décoratifs, 1975 Cat. Expo. Le Corbusier œuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Tapisseries du Portugal, Bordeaux, Musée des Arts Décoratifs, 1994, reproduite p.39  
  • Grand vol bleu

       
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. N°EA1. 1973.
          Membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l'immédiat après-guerre. D'abord influencé par celui-ci, l'oeuvre de Wogensky (159 cartons d'après le catalogue d'exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d'oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S'il s'est toujours proclamé peintre, la réflexion de l'artiste sur la tapisserie est très aboutie : "Réaliser un carton mural.... c'est penser en fonction d'un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c'est aussi l'exigence d'un geste large qui transforme et accentue notre présence".   Le thème des oiseaux survient chez Wogensky à la fin des années 60. A dire vrai, souvent les représentations restent très allusives, plus proches de trajectoires chronophotographiées que de traités d’ornithologie : c’est le mouvement dans l’espace qui importe, d’où les titres « vol … ». A cette époque, Wogensky  poursuit des effets de matière obtenus par les lissiers grâce à l’emploi de différentes grosseurs de point ; « grand vol bleu », point d’orgue de cette thématique et de cette orientation formelle, est présenté en majesté sur le catalogue de l’exposition à la galerie La Demeure de 1973.   Bibliographie : Cat. Expo. Robert Wogensky, 20 tapisseries récentes, galerie La Demeure, 1973, ill. n°1 (et détail en couverture et au dos) Cat. Expo. Robert Wogensky, l'oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989, ill. en couverture Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989, ill. p.1 Gérard Denizeau, Denise Majorel, une vie pour la tapisserie, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989, ill. p.70
     
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