Les plus belles pièces

  • la lune, l'oiseau, le jardin

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé, n°2/4. 1965.
                 
  • Serpent vitrail

     
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. N°4/6. Circa 1970.
          Avant tout connu comme sculpteur, puis comme peintre, Calder s'est découvert un intérêt pour la tapisserie sur le tard (après avoir dessiné des cartons de tapis pour Marie Cuttoli dans les années 50), en rencontrant Pierre Baudouin en 1961. C'est celui-ci qui transcrira les premiers modèles de l'artiste, et assurera la direction des tissages, chez Picaud d'abord, puis aux Gobelins ("Composition" en 1964-1965), dont Pierre Baudoin est devenu conseiller artistique, et ce , conformément à la volonté de Malraux de voir collaborer de grands artistes aux Manufactures Nationales. De nombreuses tapisseries de l'artiste seront ensuite tissées jusqu'à la fin de sa vie, notamment chez Pinton : "Ses compositions de couleurs très vives sont faites de motifs largement conçus, posés sur un fond uniforme et rappellent la légèreté de ses mobiles " (M. Jarry, la tapisserie, art du XXe siècle, 1974).   Hypnotique, le motif de la spirale (comme celui du serpent auquel ici il s’identifie) est récurrent chez Calder. La palette de couleurs primaires, accentuée par le fond lui-même rouge, sature notre tapisserie; le noir remplit les interstices, de même que les armatures de plomb du vitrail : à la rosace des cathédrales médiévales, Calder substitue son « Serpent vitrail » des intérieurs modernes.   Bibliographie : Cat. Expo. Des sculpteurs et la tapisserie, 20 ans d'abstraction, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1995 Cat. Pierre Baudouin, tapisseries de peintres, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997 Cat. Expo. Manufactures Nationales de 1960 à nos jours, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 2010
     
  • Soleil fermé

       
     
    Tapisserie d’Aubusson tissées par l’atelier Goubely. N°1/6. 1965 ou 1967.
      Michel Tourlière, de par son oeuvre, de par ses responsabilités, est l’un des grands animateurs du renouveau de la Tapisserie au XXe siècle. Formé à L’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Toulière rencontre Lurçat dès 1945, éxécute son premier carton “le vigneron” en 1946 (année où il se fixe à Aubusson), est membre fondateur de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1947. Après ces débuts fulgurants, il devient professeur à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson, puis directeur de celle-ci en 1960, enfin directeur de celle de Paris en 1970, en même temps qu’il crée la Délégation à la création au Ministère de la Culture. Malgré ses nombreuses responsabilités officielles (qui lui vaudront d’ailleurs de nombreuses commandes publiques), Tourlière réalise de nombreux cartons (300 environ) dans un style abstrait lyrique, transcription personnelle de la nature, fait de formes simplifiées (volutes, lentilles,…) dans des tons souvent chauds, teintes d’automne (oranges, rouges, bruns), striées (technique du “piqué”) pour donner un effet de relief ondulant.   Notre carton est tout à fait caractéristique des créations de l'artiste du milieu des années 60 : même gamme chromatique générale, même rayures pour obtenir des effets de vibrations, mêmes formes ondulantes. Son titre l’oriente pourtant plutôt vers les cieux que vers la Terre, le terroir même (cf. « le chemin de sable », « vignes assemblées »…). La bibliographie renvoie à un exemplaire, de dimensions différentes (280 x 300 cm), pièce unique conservée par les établissements Kriter à Beaune.   Bibliographie : Tapisserie d’Aubusson, Association du développement du pays d’Aubusson, 1983, ill.p.36 Cat. Expo. Tourlière rétrospective 1945-1985, Paris Arts Center, 1986, ill. p.66 Cat. Expo. Tourlière, Tapisseries, dessins 1945-1992, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1992-1993 Cat. Expo. Michel Tourlière rétrospective, Musée des Beaux-Arts de Beaune, 2017
     
     
  • Hiver vous n'êtes qu'un vilain

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Bascoulergue pour AMI. Circa 1950.
          Protagoniste majeur des arts décoratifs au sens large (céramique, jardins, fresques, illustration de livres….), Paul Vera a toujours manifesté beaucoup d'intérêt pour la tapisserie : dès 1923, il compose pour l’Ecole Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson une "toilette de Flore" aux tons déjà limités (29), 15 ans avant Lurçat. Il fournira aussi des cartons aux Gobelins et à Beauvais dans les années 30 et 40, avant de participer, à partir de 1942, à l'aventure des ateliers ART d'Antoine Behna, avec l'aide de Guillaume Janneau : il en fut le principal contributeur, en donnant 15 cartons.   Sans parler du texte illustré, oeuvre de Charles d’Orléans (1394-1465), les références à la tapisserie médiévale (et/ou classique) sont nombreuses : les mots comme motifs plastiques donc, les lés de couleurs vives, l’absence de perspective, les allégories des saisons, les putti, le fond « mille-fleurs »… Le vélo apparaît dans ce contexte d’harmonies naturelles, comme une incongruité, déférente à la modernité.   Bibliographie : G. Janneau, A. Behna, Tapisseries de notre temps, 1950, n°30
  • Orphée et les Muses

     
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français. 1942.
        Peintre et graveur, Lucien Coutaud travaille aussi pour le théâtre avec Dullin, Barrault : il réalise alors de nombreux décors et costumes. Mais c’est la rencontre avec Marie Cuttoli en 1933 qui l’amènera à la tapisserie : celle-ci lui commande alors surtout des  cartons de sièges . La plupart des tapisseries suivantes seront tissés chez  Pinton pour la Compagnie des Arts Français, qui vise à intégrer la Tapisserie dans le décor intérieur. Les 3 dernières tapisseries de l’artiste en 1960 témoignent de sa renommée puisque « Jardins exotiques » ornent le salon de Première Classe du "France" . Les qualités de scénographe influencé par le surréalisme se reflètent dans l’œuvre tissée de Coutaud : son univers est figuratif, mais stylisé (les formes sont aiguës, hachées), résolument onirique, avec d’insolites bordures très souvent.   L’évocation des grands mythes reste rare dans la tapisserie moderne mais la fonction allégorique (à comparer avec »Thésée et le Minotaure » de Saint-Saëns notamment) du héros allant aux Enfers pour en ramener sa bien-aimée, reste ouverte, en ces temps de guerre. Ici, c’est d’ailleurs plus le thème de l’inspiration musicale qui prévaut (Coutaud était proche de Milhaud, Lifar, ou Claude Lute) dans le registre onirique habituel à l’artiste. Un exemplaire a figuré à l’exposition de 1946. Par ailleurs, Il existe une variante de la tapisserie, de plus grandes dimensions, avec des bordures supplémentaires.   Bibliographie : Collectif, Muraille et laine, éditions pierre Tisné, 1946, planche 57 Cat. Exp. Lucien Coutaud, œuvre tissé, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1988-1989, illustrée p.25 Robert Guinot, la tapisserie, Aubusson et Felletin, éditions Dessagne, ill.p.20-21 Cat. Exp. Le salon de musique, Felletin, église du château, 2002, ill. p.36  
     
  • Combat de coqs

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. 1940.
          L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   L’homme est le thème central des premières tapisseries de Lurçat, il se fera plus rare ensuite ; le coq, lui, restera omniprésent, mais avec une évolution significative du motif. A l’orée de son œuvre de cartonnier, cette association permet de voir quels rôles leur sont alors assignés : à cette époque (prémices de ce que l’on appellera la »Renaissance de la Tapisserie ») , l’homme, primitif, est un élément de la nature  (vêtu de feuilles, il évolue dans un environnement automnal aux teintes assourdies), qui s’efforce de domestiquer des coqs encore très réalistes, loin de la dimension symbolique qu’ils acquerront par la suite dans l’imaginaire de Lurçat ; un Lurçat ici d’inspiration encore bucolique. Un exemplaire de« Combat de coqs » (et de son pendant « Jardin des coqs ») sont conservés au Musée National d’Art Moderne, à Paris, pièces acquises par l’Etat dès 1940.     Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Cat. Expo. Jean Lurçat, le combat et la victoire, centenaire, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992, ill. p.36, et détail en couverture Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992, ill.6 p.69 (détail) Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Les comédiens

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. Avec son bolduc. 1959.       Lurçat sollicite Saint-Saëns, d'abord fresquiste, dès 1940. Et, pendant la guerre, celui-ci produit ses premiers chefs d'oeuvre allégoriques, tapisseries d'indignation, de combat, de résistance : "les Vierges folles", "Thésée et le Minotaure". A l'issue de la guerre, tout naturellement, il rejoint Lurçat dont il partage les convictions (sur le carton numéroté et les tons comptés,  sur l'écriture spécifique que requiert la tapisserie,...) au sein de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie). Son univers, où la figure humaine, étirée, allongée,  tient une place considérable (comparée notamment à la place qu'elle occupe chez ses confrères Lurçat, ou Picart le Doux),  tourne autours de thèmes traditionnels : la femme, la Commedia dell'arte, les mythes grecs,..., sublimés par l'éclat des coloris et la simplification de la mise en page. Il évoluera ensuite, dans les années 60 vers des cartons plus lyriques, presque abstraits, où dominent éléments et forces cosmiques.   Les thèmes de la musique, du théâtre, et plus spécifiquement de la Comedia dell’Arte (« la Comédie Italienne », carton de 1947) sont omniprésents chez Saint-Saëns : il en respecte les figures, Lelio et Isabelle à gauche, Pierrot, le Capitan et Arlequin à droite, aux dessins si particuliers, non dénués d’humour, dans leurs costumes traditionnels. Le premier exemplaire figurera dans les collections du Shah d’Iran.   Bibliographie : Lawrence Jeppson, Murals of wool, Washington D.C., Jeppson galleries, 1960, ill. n°12 Cat. Expo. Saint-Saëns, galerie La Demeure, 1970 Cat. Expo. Saint-Saëns, oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997-1998  
  • Les musiciennes 2 (détail)

       
    Tapisserie tissée par l'atelier Fino à Portalegre. Avec son bolduc. 1953-1964.
          S’il est surtout connu comme l’un des principaux représentants, aux conceptions théoriques radicales, du mouvement moderne en architecture, Le Corbusier a également pratiqué (comme Picasso par exemple) à peu près tous les arts plastiques et décoratifs.  Ainsi s’est-il  intéressé à la tapisserie, notamment en regard de ses théories architecturales. Il envisage la tapisserie comme « le Mural des temps modernes », d’où un néologisme de sa création, « Muralnomad » : la tapisserie devient le mur de laine que ses contemporains emportent avec eux au gré de leurs déplacements, et constitue, non pas un simple élément de décor, mais participe de l’agencement spatial des intérieurs, tout en contribuant à leurs harmonies visuelles (et acoustiques). Ces réflexions théoriques se matérialisent par la conception, notamment avec le concours de Pierre Baudouin (qui, dans un rôle de directeur technique sert d’interface avec les lissiers), d’une trentaine de cartons, de 1948 à sa mort (après un premier carton dès 1936, pour Marie Cuttoli) : s’ils  reprennent certains motifs de ses peintures (figures féminines, objets venus du Purisme, thèmes mythologiques,…), ces cartons s’en veulent distincts,  et spécifiquement conçus pour la tapisserie : netteté du trait, noir, aplats de couleurs pures, …. « Les Musiciennes » est un carton de 1953, de grandes dimensions, tissé en 2 versions distinctes. Notre tapisserie reprend un détail des « Musiciennes » seconde version, et témoigne du désir de l’architecte, en 1964, de collaborer avec l’atelier Fino de Portalegre, au Portugal (où étaient aussi tissés Lurçat, Matégot, Julio Pomar…) ; ce fut finalement leur seule collaboration, Le Corbusier décédant en 1965. Le détail choisi insiste sur les visages et les mains (motif récurrent, qui donne d’ailleurs son titre à un carton de 1951), dans une sorte de dialogue imaginaire entre 2 personnages affrontés.     Bibliographie : Cat. Expo. Les Tapisseries de le Corbusier, Paris, Musée des Arts Décoratifs, 1975 Cat. Expo. Le Corbusier œuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Tapisseries du Portugal, Bordeaux, Musée des Arts Décoratifs, 1994, reproduite p.39  
  • Grand vol bleu

       
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. N°EA1. 1973.
          Membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l'immédiat après-guerre. D'abord influencé par celui-ci, l'oeuvre de Wogensky (159 cartons d'après le catalogue d'exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d'oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S'il s'est toujours proclamé peintre, la réflexion de l'artiste sur la tapisserie est très aboutie : "Réaliser un carton mural.... c'est penser en fonction d'un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c'est aussi l'exigence d'un geste large qui transforme et accentue notre présence".   Le thème des oiseaux survient chez Wogensky à la fin des années 60. A dire vrai, souvent les représentations restent très allusives, plus proches de trajectoires chronophotographiées que de traités d’ornithologie : c’est le mouvement dans l’espace qui importe, d’où les titres « vol … ». A cette époque, Wogensky  poursuit des effets de matière obtenus par les lissiers grâce à l’emploi de différentes grosseurs de point ; « grand vol bleu », point d’orgue de cette thématique et de cette orientation formelle, est présenté en majesté sur le catalogue de l’exposition à la galerie La Demeure de 1973.   Bibliographie : Cat. Expo. Robert Wogensky, 20 tapisseries récentes, galerie La Demeure, 1973, ill. n°1 (et détail en couverture et au dos) Cat. Expo. Robert Wogensky, l'oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989, ill. en couverture Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989, ill. p.1 Gérard Denizeau, Denise Majorel, une vie pour la tapisserie, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989, ill. p.70
     
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