Toutes les tapisseries

  • Les boeufs

       
    Tapisserie. Avec son bolduc. 1944.
        Artiste polyvalent (graveur, médailleur, céramiste, fresquiste…), Savin est sollicité pendant la guerre  par Guillaume Janneau, qui admire la monumentalité intemporelle et réaliste de son esthétique (et dont il soupçonnait qu’elle n’aurait nul besoin de transposition pour convenir à la Tapisserie), pour concevoir des cartons pour les Manufactures Nationales : « les plaisirs et les travaux champêtres » ( 4 cartons), puis les « 12 mois de l’année » sont créés simultanément à son travail avec la Compagnie des Arts Français. L’influence des aspects techniques de la tapisserie médiévale est très prégnante chez l’artiste, attentif aux colorants naturels en gamme réduite, aux formes simples permises par la technique du gros point,… Il fut l’un des artistes les plus représentés à l’exposition séminale de 1946, avec 7 pièces (seuls Lurçat, Saint-Saëns et Gromaire en eurent plus).   « Les bœufs » témoigne encore, en 1945, de la veine rurale-bucolique qui répondait aux préoccupations du régime de Vichy (et dont témoigne la tenture « les plaisirs et travaux champêtres »). Savin reprendra ensuite l’attelage frontal (mais dans des couleurs plus naturelles) dans « Juin, la fenaison », de la tenture « les 12 mois de l’année », tissée aux Gobelins entre 1947 et 1950. Un exemplaire de notre carton a figuré à l’exposition de 1946.   Bibliographie : Cat. Expo. La tapisserie française du Moyen-âge à nos jours, Paris, Musée d’art moderne, 1946 Sieben Jahrhunderte Französische Wandteppiche, Wort und Tat, 1946, ill. Cat. Expo. Le Mobilier National et les Manufactures Nationales sous la IVe République, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 1997 Cat. Expo. La Manufacture des Gobelins dans la 1ère moitié du XXe siècle, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 1999
     
  • Soleil fermé

       
     
    Tapisserie d’Aubusson tissées par l’atelier Goubely. N°1/6. 1965 ou 1967.
      Michel Tourlière, de par son oeuvre, de par ses responsabilités, est l’un des grands animateurs du renouveau de la Tapisserie au XXe siècle. Formé à L’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Toulière rencontre Lurçat dès 1945, éxécute son premier carton “le vigneron” en 1946 (année où il se fixe à Aubusson), est membre fondateur de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1947. Après ces débuts fulgurants, il devient professeur à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson, puis directeur de celle-ci en 1960, enfin directeur de celle de Paris en 1970, en même temps qu’il crée la Délégation à la création au Ministère de la Culture. Malgré ses nombreuses responsabilités officielles (qui lui vaudront d’ailleurs de nombreuses commandes publiques), Tourlière réalise de nombreux cartons (300 environ) dans un style abstrait lyrique, transcription personnelle de la nature, fait de formes simplifiées (volutes, lentilles,…) dans des tons souvent chauds, teintes d’automne (oranges, rouges, bruns), striées (technique du “piqué”) pour donner un effet de relief ondulant.   Notre carton est tout à fait caractéristique des créations de l'artiste du milieu des années 60 : même gamme chromatique générale, même rayures pour obtenir des effets de vibrations, mêmes formes ondulantes. Son titre l’oriente pourtant plutôt vers les cieux que vers la Terre, le terroir même (cf. « le chemin de sable », « vignes assemblées »…). La bibliographie renvoie à un exemplaire, de dimensions différentes (280 x 300 cm), pièce unique conservée par les établissements Kriter à Beaune.   Bibliographie : Tapisserie d’Aubusson, Association du développement du pays d’Aubusson, 1983, ill.p.36 Cat. Expo. Tourlière rétrospective 1945-1985, Paris Arts Center, 1986, ill. p.66 Cat. Expo. Tourlière, Tapisseries, dessins 1945-1992, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1992-1993 Cat. Expo. Michel Tourlière rétrospective, Musée des Beaux-Arts de Beaune, 2017
     
     
  • Belzébuth

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Goubely. Avec son bolduc. Circa 1945.
        L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   L'emprunt du thème du bouc (comme celui du coq d'ailleurs, auquel il est fréquemment associé, dans une polarité propre à l'artiste) au monde rural est sublimé chez Lurçat : le bouc a une connotation négative, voire démoniaque comme en témoigne le titre "Belzébuth" qui revient régulièrement chez l'artiste. Le bouc s'inscrit donc dans le système allégorique de l'artiste avec une fonction particulière, de menace, de danger toujours, née pendant la guerre ; mais il est aussi une force constitutive de la Vie, insérée comme ici dans les feuillages et la nature.   Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • La pintade à l'oeuf d'or

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Legoueix. Circa 1950.
       
       
  • Tapis de jardin

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Simone André. 1953.
        Après l’habituel passage par la décoration murales dans les années 30, Jullien vient à Aubusson en 1936, se lie à Picart le Doux en 1947 et devient membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Il se consacre alors à la tapisserie avec zèle et réalisera 167 cartons, d’abord figuratives, à la suite de Picart le Doux et de Saint-Saëns, puis sous l’influence des thèmes scientifiques abordés, il évolue vers l’abstraction. En 1981, deux ans avant sa mort, il fait don de son atelier au Musée départemental de la tapisserie à Aubusson. La mise en abyme (la tapisserie intitulée « tapis »), le traitement fantaisiste (le chat malicieux), la perspective niée (le rectangle de jardin mis à plat), les échos à ses confrères (dom Robert, Picart le Doux) font de ce carton lyrique une synthèse des préoccupations d’alors de l’artiste.   Bibliographie : Cat. Expo. Hommage à Louis-Marie Jullien, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1983  
  • Composition

        Tapisserie. 1976.       Aristide Caillaud est l’un des protagonistes majeurs de l’art brut ; autant dire que sa relation à la Tapisserie n’était pas écrite. Il fut sollicité pourtant, afin de donner un carton tissé en 1955, « Mon village » (plus naïf que brut d’ailleurs), pour la Manufacture de Beauvais, témoignage de l’éclectisme prévalent aux choix alors opérés (Eve, Bauchant, furent aussi sollicités).   Notre carton, plus tardif (1976), est typique de l’inspiration onirique de Caillaud : la composition, complexe, au dessin cloisonné, et aux couleurs denses, est peuplée de personnages fantastiques évoluant autour d’un arbre (motif récurrent chez l'artiste, surtout à cette époque) aux branches terminées en fleurs épanouies : un manifeste d’art singulier, tissé.  
  • Le ruffian

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Picaud. Avec son bolduc signé, n°1/8. Circa 1970.
             
  • La mort du solitaire

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc. 1950.
        Après l’habituel passage par la décoration murales dans les années 30, Jullien vient à Aubusson en 1936, se lie à Picart le Doux en 1947 et devient membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Il se consacre alors à la tapisserie avec zèle et réalisera 167 cartons, d’abord figuratives, à la suite de Picart le Doux et de Saint-Saëns, puis sous l’influence des thèmes scientifiques abordés, il évolue vers l’abstraction. En 1981, deux ans avant sa mort, il fait don de son atelier au Musée départemental de la tapisserie à Aubusson. Si notre carton renvoie à la Chasse, un sujet classique en Tapisserie, le traitement onirique du personnage (son couvre-chef notamment), évoque surtout l’Harmonie avec la Nature, reflet d’un âge d’or mythifié (la chasse du sanglier de Calydon) dont Jullien, à cette époque, faisait un motif récurrent. Bibliographie : Cat. Expo. Hommage à Louis-Marie Jullien, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1983  
  • Bocage II

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc, n°4/6. Circa 1970.
           
     
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