Toutes les tapisseries

  • Annick

     
    Tapisserie tissée par l’ATA (Atelier de Tapisserie d'Angers) Avec son bolduc signé. 1968.
          Elie Grekoff, proche de l'esthétique de Lurçat, réalisera plus de 300 cartons. Le thème des soleils feuillagés est un classique de l’artiste ; peut-être le titre fait-il allusion à une licière de l’Atelier de Tapisserie d’Angers, ouvert cette même année 1968, et où Grekoff fut le premier peintre-cartonnier à être tissé.  
  • Eau calme

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Hamot. Avec son bolduc, n°1/6. 1965.
     
     
    C’est en 1953 que Jean Picart le Doux offre à Chaye de devenir son assistant et l’encourage à créer des cartons de tapisserie : il réalisera alors de nombreux cartons bucoliques, mais aussi des vues de Normandie (Mont Saint Michel, Honfleur, régates,…), dont il est originaire.   L’élément aquatique, sous différentes formes (fontaines, rivières, étangs… est un leitmotiv chez Chaye ; il permet de délicates harmonies colorées, autours des nénuphars notamment (cf. »Blanches libellules », « Fraîcheur »…)     Bibliographie : Simon Chaye tapisseries contemporaines, Editions Librairie des musées, 2014, ill. p.20  
  • Orphée et les Muses

     
     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français. 1942.
        Peintre et graveur, Lucien Coutaud travaille aussi pour le théâtre avec Dullin, Barrault : il réalise alors de nombreux décors et costumes. Mais c’est la rencontre avec Marie Cuttoli en 1933 qui l’amènera à la tapisserie : celle-ci lui commande alors surtout des  cartons de sièges . La plupart des tapisseries suivantes seront tissés chez  Pinton pour la Compagnie des Arts Français, qui vise à intégrer la Tapisserie dans le décor intérieur. Les 3 dernières tapisseries de l’artiste en 1960 témoignent de sa renommée puisque « Jardins exotiques » ornent le salon de Première Classe du "France" . Les qualités de scénographe influencé par le surréalisme se reflètent dans l’œuvre tissée de Coutaud : son univers est figuratif, mais stylisé (les formes sont aiguës, hachées), résolument onirique, avec d’insolites bordures très souvent.   L’évocation des grands mythes reste rare dans la tapisserie moderne mais la fonction allégorique (à comparer avec »Thésée et le Minotaure » de Saint-Saëns notamment) du héros allant aux Enfers pour en ramener sa bien-aimée, reste ouverte, en ces temps de guerre. Ici, c’est d’ailleurs plus le thème de l’inspiration musicale qui prévaut (Coutaud était proche de Milhaud, Lifar, ou Claude Lute) dans le registre onirique habituel à l’artiste. Un exemplaire a figuré à l’exposition de 1946. Par ailleurs, Il existe une variante de la tapisserie, de plus grandes dimensions, avec des bordures supplémentaires.   Bibliographie : Collectif, Muraille et laine, éditions pierre Tisné, 1946, planche 57 Cat. Exp. Lucien Coutaud, œuvre tissé, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1988-1989, illustrée p.25 Robert Guinot, la tapisserie, Aubusson et Felletin, éditions Dessagne, ill.p.20-21 Cat. Exp. Le salon de musique, Felletin, église du château, 2002, ill. p.36  
     
  • Bouquet

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Bascoulergue. Circa 1960.
          D’abord affichiste, puis artiste-ethnographe pendant la guerre, Perrot commence son oeuvre de peintre-cartonnier à l’issue de celle-ci : il concevra près de 500 cartons, obtenant de nombreuses commandes de l’Etat (33 cartons, Perrot est le cartonnier du XXe siècle le plus représenté dans les collections du Mobilier National !), la plupart tissées à Aubusson. Son style éminemment décoratif et chatoyant est très caractéristique :  traité en aplats (sans chinés, sans piqués) un foisonnement d’animaux (d’oiseaux le plus souvent), se détache, sans perspective, sur un fond végétal, dans le goût des tapisseries mille-fleurs médiévales.   Carton « mixte », végétal et animal, où les habituels oiseaux sont fondus dans un décor floral, comme dans le carton « la jardin de Sophie », mais avec les fleurs éruptives de « Bouquet d’artifice ».   Bibliographie : Tapisserie, dessins, peintures, gravures de René Perrot, Dessein et Tolra, 1982 Cat. Expo. René Perrot, mon pauvre cœur est un hibou, Aubusson, Cité Internationale de la Tapisserie, 2023
     
  • Trois oiseaux blancs

       
     
    Tapisserie d’Aubusson tissées par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé, n°EA/1. 1968.
        Membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l’immédiat après-guerre. D’abord influencé par celui-ci, l’oeuvre de Wogensky (159 cartons d’après le catalogue d’exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d’oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S’il s’est toujours proclamé peintre, la réflexion de l’artiste sur la tapisserie est très aboutie : “Réaliser un carton mural…. c’est penser en fonction d’un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c’est aussi l’exigence d’un geste large qui transforme et accentue notre présence”.   Le thème de l’oiseau, omniprésent, a, le plus souvent, une traduction abstraite, cinétique, chez Wogensky : Traits, trajectoires, forces, énergies,… sont les qualificatifs qu’emploient alors critiques et commentateurs. Pourtant, avec ses « Trois oiseaux blancs » (motif repris avec « Plein vol » en 1982), l’artiste revient à une approche plus figurative du sujet, où ailes, becs, queues sont lisibles, bien que furtifs.     Bibliographie : Cat. Expo. Oiseaux solaires, oiseaux marins, tapisseries de Robert Wogensky, Paris, galerie la Demeure, n°2 ill. Cat. Expo. Robert Wogensky, l’oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989 Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989-1990
     
     
  • La boule

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Micheline Henry. Avec son bolduc signé, n°1/2. Circa 1980.
        Dans un contexte familial favorable (Mathieu Matégot était son père, Micheline Henry qui le tissait, sa compagne), Sully pouvait devenir l'un des artistes marquants de la Tapisserie des années 70-80. Malheureusement, son éclosion artistique survint en un moment où le medium était en discrédit, que ne parvinrent pas à surmonter les efforts (avances sur tissages, expositions…) consentis par les pouvoirs publics , sa production est donc restée confidentielle (le Musée de la Tapisserie d’Angers conserve néanmoins quelques-unes de ses oeuvres).   L’oeuvre de Sully, géométrique (comme son père dans les années 70) dans sa quintessence (cf. les titres “petite pyramide”, “la boule”…), recèle pourtant de nombreuses nuances, où les degradés et les ombres portées tempèrent les aplats : dans notre carton, noter le défi du tissage circulaire, et des ombres dessinées.
     
         
  • Soleil levant

        Tapisserie tissée par l'atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé, n°I/VI. Circa 1970.       Artiste abstraite autodidacte, Caroline Lonchambon est restée en marge des canaux officiels ou commerciaux de médiatisation de ses réalisations. Son œuvre tissée, souvent faite de cercles (et influencée par Kupka), hésite entre la traduction de l’infiniment grand (« Parcelles de Cosmos ») et le regard microscopique (« Atomes messagers de joie »), bien que dans notre « Soleil levant », elle se fasse plus figurative. Elle a, en général, été tissée par l’atelier de Saint-Cyr de Pierre Daquin.  
  • La cueillette des fruits

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Rivière des Borderies. Avec son bolduc d'origine, et un bolduc postérieur signé de l'atelier Pinton. 1946.
        Formé par Bissière à la décoration murale, éminent concepteur de vitraux et décorateur de théâtre, Le Moal consacra une bonne partie de son activité artistique aux arts monumentaux. Concernant la tapisserie, son œuvre, liée à des cercles amicaux (le groupe « Jeune France », Manessier, Perrot…), restera finalement réduite : il sera tissé chez Rivière des Borderies dès 1946, et, surtout, chez Plasse le Caisne, depuis 1951 (« la Comédie », « la Tragédie », conservées au Mobilier National), jusqu’à des cartons illustrant l’évolution de l’artiste vers l’abstraction.   « La cueillette des fruits » illustre la phase « néo-cubiste » de l’artiste, protagoniste majeur de la « Nouvelle Ecole de Paris ». René Perrot, qu’il avait connu pendant la guerre dans le cadre du mouvement « Jeune France », était devenu, dès 1945, le conseiller artistique (mais aussi le principal créateur de cartons) de la manufacture Rivière des Borderies à Felletin : c’est lui qui sollicita Le Moal (mais aussi Manessier, Singier…), preuve, une fois de plus, de l’adaptabilité des lissiers, à tisser les artistes les plus variés.      
  • Envol

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc. 1963.
       
    S’il fût peintre (grand prix de Rome de peinture en 1939), conservateur (au Musée du Havre, aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris, il conçut l’aménagement de ces 2 bâtiments), fresquiste, illustrateur, Arnould se consacra aussi à la tapisserie, avec les ateliers Pinton, à partir de 1961. Son oeuvre tissé, réduit à quelques cartons, témoigne de son adhésion, à l’époque, à l’abstraction lyrique, dont témoignent les titres “Mouvement libre” ou notre “Envol”. Il y utilise notamment certains éléments de langage graphique propres à la Tapisserie : pointillés, rayures, hachures, damiers….
         
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