Toutes les tapisseries

  • Le rayon vert

       
    Tapisserie probablement tissée par l’atelier Brachet. N°EA1. 1976.
          Important protagoniste de « la Nouvelle Tapisserie », tissé par Pierre Daquin, exposé à la galerie La Demeure dans les années 70, Jacques Brachet a, dès les années 50, une démarche innovante et expérimentale sur le médium, consacrée par la création de l’atelier d’art mural au Centre International d’études pédagogiques, à Sèvres, par la mise en scène de « la tapisserie en France, 1945-1985, la tradition vivante » à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, par la conception de ses tapisseries-actions jusqu’à nos jours.   Phénomène optique atmosphérique rare et difficile à observer, le rayon vert, s’il a pu inspirer auteurs (Verne) et cinéastes (Rohmer) est plus rare dans les arts plastiques. Brachet nous restitue un paysage de bord de mer qui prend forme et vie par l’usage des couleurs complémentaires (le rouge, le vert, le mauve), des lirettes, qui miment des agrégats rocheux…  
  • Fleur de nuit (fragment)

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Four. Avec son bolduc, n°EA1/2. Circa 1990.
        Kozo Inoué s’installe à Paris en 1960 et s’oriente alors principalement vers la sérigraphie. Il sera tissé par la manufacture Four à partir de 1984. Dans ses œuvres, toutes de « grâces » s’éploient, comme en suspension, pétales, feuilles ou papillons, motifs simples (ou parfois répétés), sur un fond contrastant en dégradés.
  • Tonga

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Tabard. Avec son bolduc signé. Circa 1960.
          Matégot, d'abord décorateur, puis créateur d'objets et de mobilier (activité à laquelle il renonce en 1959),  rencontre François Tabard en 1945, et lui donne ses premiers cartons, figuratifs d'abord, puis bientôt abstraits, dès les années 50. Il devient membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1949, participe à de multiples expositions internationales (Matégot, comme Lurçat avant lui, sera un infatigable militant de la tapisserie), répond à de nombreuses commandes publiques, parfois monumentales ("Rouen", 85 m2 pour la préfecture de Seine-Maritime, mais aussi tapisseries pour Orly, pour la Maison de la Radio, pour le FMI...)  et réalise pas moins de 629 cartons jusque dans les années 70. En 1990 est inaugurée la fondation Matégot pour la tapisserie contemporaine à Bethesda, aux Etats-Unis. Matégot a fait partie, avec d'autres artistes comme Wogensky, Tourlière ou Prassinos, de ceux qui orienteront résolument la laine vers l'abstraction, lyrique d'abord, géométrique dans les années 70, en exploitant différents aspects techniques du métier : dégradés, battages, piqués, pointillés...   Le traitement témoigne de l’évolution esthétique de Matégot vers des formes moins cloisonnées, plus souples. Il rentre dans un corpus important de tapisseries aux intonations exotiques : « Acapulco », « Mindanao », « Linarès »…   Bibliographie : Waldemar Georges, Mathieu Matégot, numéro spécial Prisme des Arts, 1957 Cat. Exp. Matégot, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1990-1991 Patrick Favardin, Mathieu Matégot, Editions Norma, 2014    
     
  • Appel éolien

        Tapisserie tissée par l'atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé, n°III/III. Circa 1970.       Pierre Daquin est emblématique de ces artistes polyvalents qui ont révolutionné la tapisserie dans la deuxième moitié des années 60. A la fois concepteur et éxécutant, il a une parfaite maîtrise technique du médium, acquise dans les Manufactures Nationales,  exploitée ensuite dans l’atelier de Saint-Cyr (qu’il fonde en 1965, après avoir quitté Beauvais), où il tisse, hormis ses propres œuvres, des tapisseries d’après Ubac, Feito ou Arthur-Bertrand,… Pierre Daquin est surtout l’un des protagonistes majeurs, en France, de la « Nouvelle Tapisserie », dont l’éclosion, dès les premières Biennales de Lausanne, imprime à la tapisserie une remise en cause de sa forme (parfois en 3 dimensions,…), de sa fonction (dans son rapport au mur et à l’espace notamment), de sa technique, de sa texture et de ses matériaux ( laine et coton peuvent devenir subsidiaires,….) : ses préoccupations personnelles autour  du blanc, du vide, de la tridimensionnalité, du relief,…. s’expriment  par exemple dans « Mospalis » (Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine), exposée à la 4e biennale de Lausanne, en 1969.   « Appel éolien » est un carton d’avant la rupture et la radicalité : abstrait, à gros points, à fils métalliques, mais qui présente encore l’aspect d’une tapisserie traditionnelle.     Bibliographie : Cat. Expo. Decorum, Musée d’art moderne de la ville de Paris, 2013 Collectif, de la tapisserie au fiber art, les biennales de Lausanne 1962-1995, Skira/fondation Toms Pauli, 2017  
  • Voltige

        Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc signé, n°5/6. 1969.     Jean Picart le Doux est l’un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot “la Marseillaise”. Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,…), il est membre fondateur  de l’A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L’Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l’Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,…. Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d’inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles…), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux…), l’homme, les textes,….   Coraux, poissons, harpes (ou lyres) sont des leitmotivs de l’artiste. Et, si Picart le Doux est le cartonnier ayant eu le plus souvent recours à des fonds rouges, il n’hésite pas à l’utiliser même pour des sujets marins.   Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d’art, 1972, n°177 Cat. Exp. Jean Picart le Doux Tapisseries, Musée municipal d’Art et d’Histoire, Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980      
  • Arlequin

        Tapisserie tissée par l'atelier Bourlier. Avec son bolduc signé, n°1/4. 1971.         Artiste polymorphe, Bourlier s’est d’abord consacré à la tapisserie dans les années 70, en participant à différentes manifestations (dont la biennale de Menton) : ses sujets, machinistes-constructivistes (« l’homme machine »), abstraits (« construction »), renvoient aux heures de gloire du Bauhaus.  
  • Combat de coqs

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. 1940.
          L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   L’homme est le thème central des premières tapisseries de Lurçat, il se fera plus rare ensuite ; le coq, lui, restera omniprésent, mais avec une évolution significative du motif. A l’orée de son œuvre de cartonnier, cette association permet de voir quels rôles leur sont alors assignés : à cette époque (prémices de ce que l’on appellera la »Renaissance de la Tapisserie ») , l’homme, primitif, est un élément de la nature  (vêtu de feuilles, il évolue dans un environnement automnal aux teintes assourdies), qui s’efforce de domestiquer des coqs encore très réalistes, loin de la dimension symbolique qu’ils acquerront par la suite dans l’imaginaire de Lurçat ; un Lurçat ici d’inspiration encore bucolique. Un exemplaire de« Combat de coqs » (et de son pendant « Jardin des coqs ») sont conservés au Musée National d’Art Moderne, à Paris, pièces acquises par l’Etat dès 1940.     Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Cat. Expo. Jean Lurçat, le combat et la victoire, centenaire, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992, ill. p.36 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992, ill.6 p.69 (détail) Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Oiseau à la balustrade

        Tapisserie tissée par l'atelier Braquenié. Avec son bolduc. 1954.       Jean Picart le Doux est l'un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot "la Marseillaise". Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,...), il est membre fondateur  de l'A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L'Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l'Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,.... Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d'inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles...), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux...), l'homme, les textes,....   Picart le Doux, vers 1954, développe une série de cartons qui témoignent d’un classicisme « Grand Siècle » ou l’on retrouve pêle-mêle jardins à la française (ce sera d’ailleurs le titre d’une tapisserie), vasques, mandolines, fontaines, treillages, comme une évocation des plaisirs de Versailles et Vaux-le-Vicomte, où Lully côtoie Le Nôtre ; on retrouve ces réminiscences chez d’autres artistes de l’époque, Süe ou Arbus, mais aussi Brianchon en tapisserie.     Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d’art, 1972, n°56 Cat. Exp. Jean Picart le Doux Tapisseries, Musée municipal d’Art et d’Histoire, Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980
  • L'été

     
       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc, n°2/6. Circa 1970.
       
    Peintre naïve, Mady de la Giraudière n’a que peu donné de cartons de tapisseries. « L’été », néanmoins, avec ses travaux des champs, sa miche de pain, son panier en osier et  son « kil de rouge » a comme une saveur particulière, dans une veine réaliste très rare en tapisserie.
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