Toutes les tapisseries

  • Soleil-lyre

        Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Hamot. Avec son bolduc signé. 1957.       Jean Picart le Doux est l'un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot "la Marseillaise". Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,...), il est membre fondateur  de l'A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L'Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l'Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,.... Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d'inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles...), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux...), l'homme, les textes,.... Carton d’un bel effet : la symétrie de la lyre (un des instruments de prédilection chez Picart le Doux), s’orne d’un visage-Soleil (très Louis XIV) poncif de tous les mythes solaires. Ce carton annonce « le Soleil d’Orphée », qui ornera le bar du paquebot « France ».   Bibliographie : Marthe Belle-Jouffray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d'art et d'histoire, 1966, ill. no. 9 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d'art, 1972, ill. n°82 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, tapisseries, Musée de Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980, ill.      
  • Cap d'Antibes, mistral

     
     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Four. Avec son bolduc, n°EA2/2. D'après une oeuvre de l'artiste de 1888, conservée au Museum of Fine Arts, Boston.
          La manufacture Four reproduit en tapisserie, tissée à la main, certaines des grandes oeuvres de la peinture : ainsi Klee, Modigliani, Macke ou, ici, mONET ont été transcrits en laine, en reproduisant les nuances de matières et de touches des artistes.  
  • Malgré lui

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Picaud pour la galerie Verrière. Avec son bolduc, n°EA. Circa 1970.
        Marc Petit rencontre Jean Lurçat en 1954, séjourne à Aubusson en 1955, expose pour la première fois à La Demeure en 1956, devient membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1958. A partir de ces débuts fulgurants, il produit des centaines de cartons, dans un style très personnel, où des échassiers croisent des funambules dans des paysages oniriques.   Cette ample tapisserie conjugue plusieurs motifs propres à Marc Petit, caractéristiques de son imaginaire : personnage-funambule, oiseaux (discrets ici), astre, feuillage, à un titre équivoque, poétique, dont il est friand.      
  • La guêpe

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. Avec son bolduc signé. Circa 1955.
          L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   L’espace, cloisonné, permet à Lurçat de déployer une partie de son bestiaire (notre carton reprend d’ailleurs « Bestiaire corail », plus ample : serpent, tortue, ou guêpe (qui donne son titre à la tapisserie)…, travail d’entomologiste qui ne respecte ni proportions, ni perspective, et que côtoie l’irruption d’une nature vivante et colorée sur les marges.   Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Nocturne

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Legoueix. Avec son bolduc signé, n°4/6. 1952.       Lurçat sollicite Saint-Saëns, d'abord fresquiste, dès 1940. Et, pendant la guerre, celui-ci produit ses premiers chefs d'oeuvre allégoriques, tapisseries d'indignation, de combat, de résistance : "les Vierges folles", "Thésée et le Minotaure". A l'issue de la guerre, tout naturellement, il rejoint Lurçat dont il partage les convictions (sur le carton numéroté et les tons comptés,  sur l'écriture spécifique que requiert la tapisserie,...) au sein de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie). Son univers, où la figure humaine, étirée, allongée,  tient une place considérable (comparée notamment à la place qu'elle occupe chez ses confrères Lurçat, ou Picart le Doux),  tourne autours de thèmes traditionnels : la femme, la Commedia dell'arte, les mythes grecs,..., sublimés par l'éclat des coloris et la simplification de la mise en page. Il évoluera ensuite, dans les années 60 vers des cartons plus lyriques, presque abstraits, où dominent éléments et forces cosmiques.   Les thèmes de la musique, du théâtre, et plus spécifiquement de la Comedia dell’Arte (« la Comédie Italienne », carton de 1947) sont omniprésents chez Saint-Saëns : ici, « nocturne » est un double renvoi, à la musique, à la nuit : une sérénade sous les étoiles.   Bibliographie : Cat. Expo. Saint-Saëns, galerie La Demeure, 1970 Cat. Expo. Saint-Saëns, oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997-1998
  • Le rayon vert

       
    Tapisserie probablement tissée par l’atelier Brachet. N°EA1. 1976.
          Important protagoniste de « la Nouvelle Tapisserie », tissé par Pierre Daquin, exposé à la galerie La Demeure dans les années 70, Jacques Brachet a, dès les années 50, une démarche innovante et expérimentale sur le médium, consacrée par la création de l’atelier d’art mural au Centre International d’études pédagogiques, à Sèvres, par la mise en scène de « la tapisserie en France, 1945-1985, la tradition vivante » à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, par la conception de ses tapisseries-actions jusqu’à nos jours.   Phénomène optique atmosphérique rare et difficile à observer, le rayon vert, s’il a pu inspirer auteurs (Verne) et cinéastes (Rohmer) est plus rare dans les arts plastiques. Brachet nous restitue un paysage de bord de mer qui prend forme et vie par l’usage des couleurs complémentaires (le rouge, le vert, le mauve), des lirettes, qui miment des agrégats rocheux…     Bibliographie : Cat. Expo. Jacques Brachet, Mémoires océanes, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1996  
  • Fleur de nuit (fragment)

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Four. Avec son bolduc, n°EA1/2. Circa 1990.
        Kozo Inoué s’installe à Paris en 1960 et s’oriente alors principalement vers la sérigraphie. Il sera tissé par la manufacture Four à partir de 1984. Dans ses œuvres, toutes de « grâces » s’éploient, comme en suspension, pétales, feuilles ou papillons, motifs simples (ou parfois répétés), sur un fond contrastant en dégradés.
  • Tonga

       
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Tabard. Avec son bolduc signé. Circa 1960.
          Matégot, d'abord décorateur, puis créateur d'objets et de mobilier (activité à laquelle il renonce en 1959),  rencontre François Tabard en 1945, et lui donne ses premiers cartons, figuratifs d'abord, puis bientôt abstraits, dès les années 50. Il devient membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1949, participe à de multiples expositions internationales (Matégot, comme Lurçat avant lui, sera un infatigable militant de la tapisserie), répond à de nombreuses commandes publiques, parfois monumentales ("Rouen", 85 m2 pour la préfecture de Seine-Maritime, mais aussi tapisseries pour Orly, pour la Maison de la Radio, pour le FMI...)  et réalise pas moins de 629 cartons jusque dans les années 70. En 1990 est inaugurée la fondation Matégot pour la tapisserie contemporaine à Bethesda, aux Etats-Unis. Matégot a fait partie, avec d'autres artistes comme Wogensky, Tourlière ou Prassinos, de ceux qui orienteront résolument la laine vers l'abstraction, lyrique d'abord, géométrique dans les années 70, en exploitant différents aspects techniques du métier : dégradés, battages, piqués, pointillés...   Le traitement témoigne de l’évolution esthétique de Matégot vers des formes moins cloisonnées, plus souples. Il rentre dans un corpus important de tapisseries aux intonations exotiques : « Acapulco », « Mindanao », « Linarès »…   Bibliographie : Waldemar Georges, Mathieu Matégot, numéro spécial Prisme des Arts, 1957 Cat. Exp. Matégot, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1990-1991 Patrick Favardin, Mathieu Matégot, Editions Norma, 2014    
     
  • Appel éolien

        Tapisserie tissée par l'atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé, n°III/III. Circa 1970.       Pierre Daquin est emblématique de ces artistes polyvalents qui ont révolutionné la tapisserie dans la deuxième moitié des années 60. A la fois concepteur et éxécutant, il a une parfaite maîtrise technique du médium, acquise dans les Manufactures Nationales,  exploitée ensuite dans l’atelier de Saint-Cyr (qu’il fonde en 1965, après avoir quitté Beauvais), où il tisse, hormis ses propres œuvres, des tapisseries d’après Ubac, Feito ou Arthur-Bertrand,… Pierre Daquin est surtout l’un des protagonistes majeurs, en France, de la « Nouvelle Tapisserie », dont l’éclosion, dès les premières Biennales de Lausanne, imprime à la tapisserie une remise en cause de sa forme (parfois en 3 dimensions,…), de sa fonction (dans son rapport au mur et à l’espace notamment), de sa technique, de sa texture et de ses matériaux ( laine et coton peuvent devenir subsidiaires,….) : ses préoccupations personnelles autour  du blanc, du vide, de la tridimensionnalité, du relief,…. s’expriment  par exemple dans « Mospalis » (Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine), exposée à la 4ème biennale de Lausanne, en 1969.   « Appel éolien » est un carton d’avant la rupture et la radicalité : abstrait, à gros points, à fils métalliques, mais qui présente encore l’aspect d’une tapisserie traditionnelle.     Bibliographie : Cat. Expo. Decorum, Musée d’art moderne de la ville de Paris, 2013 Collectif, de la tapisserie au fiber art, les biennales de Lausanne 1962-1995, Skira/fondation Toms Pauli, 2017  
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