L’oiseau bleu

 

 

Tapisserie d’Aubusson tissée par le mur du nomade.
Avec son bolduc, n°EA.

 

 

 

Dufy a toujours manifesté pour les arts décoratifs et les techniques artisanales une véritable vocation. Nous sommes justement ici, avec « l’oiseau bleu », à la conjonction de ses intérêts pour l’illustration de livres et pour les arts textiles. En effet, dès 1910, Dufy conçoit les bois gravés destinés à illustrer « le Bestiaire » d’Apollinaire ; puis, sous l’égide de Paul Poiret, il crée des motifs décoratifs destinés à l’impression de tissus, avant de collaborer avec la maison de soierie lyonnaise Bianchini-Férier. Ensuite, ce furent les commandes destinées à la manufacture de Beauvais (l’ensemble mobilier « Paris » ), à Marie Cuttoli, les cartons tissés à Aubusson pendant la guerre (« le bel été »), la collaboration avec la galerie Louis Carré par la suite : un rôle, sinon éminent, dans la Renaissance de la Tapisserie, en tous cas, un effort prolongé dans le medium. Dans les années 60 encore, les Manufactures Nationales jugeront pertinent le tissage de tapisseries d’après des peintures antérieures de l’artiste.

 

A l’origine de notre tapisserie, on trouve la xylographie destinée à illustrer « la Souris » dans le bestiaire d’Apollinaire. A partir de ce modèle, agrandi, mis en couleurs, cerné d’une bordure, avec le texte du poème et les initiales de l’artiste et de l’auteur, Dufy, à la demande d’un couple de collectionneurs, réalise, en 1919 une gouache destinée à servir de maquette pour la réalisation d’une tapisserie, qui fut finalement tissée bien plus tard. Cette œuvre témoigne d’une sollicitation inhabituelle pour l’artiste, qui, dès 1919, dût s’interroger sur les spécificités inhérentes au travail de la laine, bien avant d’être sollicité par Lurçat ou les Manufactures Nationales.