Orphée et les Muses
Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français.
1942.
Peintre et graveur, Lucien Coutaud travaille aussi pour le théâtre avec Dullin, Barrault : il réalise alors de nombreux décors et costumes. Mais c’est la rencontre avec Marie Cuttoli en 1933 qui l’amènera à la tapisserie : celle-ci lui commande alors surtout des cartons de sièges . La plupart des tapisseries suivantes seront tissés chez Pinton pour la Compagnie des Arts Français, qui vise à intégrer la Tapisserie dans le décor intérieur. Les 3 dernières tapisseries de l’artiste en 1960 témoignent de sa renommée puisque « Jardins exotiques » ornent le salon de Première Classe du « France » . Les qualités de scénographe influencé par le surréalisme se reflètent dans l’œuvre tissée de Coutaud : son univers est figuratif, mais stylisé (les formes sont aiguës, hachées), résolument onirique, avec d’insolites bordures très souvent.
L’évocation des grands mythes reste rare dans la tapisserie moderne mais la fonction allégorique (à comparer avec »Thésée et le Minotaure » de Saint-Saëns notamment) du héros allant aux Enfers pour en ramener sa bien-aimée, reste ouverte, en ces temps de guerre. Ici, c’est d’ailleurs plus le thème de l’inspiration musicale qui prévaut (Coutaud était proche de Milhaud, Lifar, ou Claude Lute) dans le registre onirique habituel à l’artiste. Un exemplaire a figuré à l’exposition de 1946. Par ailleurs, Il existe une variante de la tapisserie, de plus grandes dimensions, avec des bordures supplémentaires.
Bibliographie :
Collectif, Muraille et laine, éditions pierre Tisné, 1946, planche 57
Cat. Exp. Lucien Coutaud, œuvre tissé, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1988-1989, illustrée p.25
Robert Guinot, la tapisserie, Aubusson et Felletin, éditions Dessagne, ill.p.20-21
Cat. Exp. Le salon de musique, Felletin, église du château, 2002, ill. p.36










