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Le verveux
Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. Avec son bolduc déchiré, signé, daté, tirage n°1. 1947. -
Lorsqu’il arrive en tapisserie dans les années 30, Guillonnet a déjà une longue carrière derrière lui, illustrée notamment par un intérêt constant pour les arts décoratifs : le vitrail, la mosaïque, la céramique (avec la Manufacture de Sèvres), et la grande décoration murale. D’abord sollicité, en 1931, par les Manufactures Nationales pour des tapisseries de siège, Guillonnet reçoit, pendant la guerre, par Janneau, administrateur du Mobilier National et des Manufactures des Gobelins et de Beauvais, commande de 3 cartons ambitieux (Glorification de la pensée, Les Maîtres de la Science, Écusson de la pensée) : ceux-ci ne seront finalement tissés dans les ateliers ART qu’à la fin des années 40, alors que Janneau en était devenu le conseiller technique. Guillonnet fut l’un des principaux contributeurs aux Ateliers des Rénovateurs de la Tapisserie : 9 cartons, plusieurs à sujets religieux, dont notre Annonciation tissée en 1949 pour le Patriarcat de Beyrouth. Par son sujet (bien qu’un renouveau de l’art sacré soit à l’œuvre dans l’après-guerre avec la reconstruction et la volonté de l’Eglise de s’associer les artistes modernes, les tapisseries à sujets religieux restent alors rares), par son style, académique et daté (malgré un renouvellement de l’iconographie : l’ange de dos, la scène figurée en extérieur…), ce carton est à la fois un anachronisme et une rareté. Bibliographie : G. Janneau, A. Behna, Tapisseries de notre temps, 1950 Catalogue Vente Millon-Robert, 3.10.1990, n°37 (carton)Tapisserie tissée par C. Roland pour AMI. 1948.
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Messidor
L’histoire est connue : à la suite de la commande des « 4 parties du Monde » destinées à être tissées aux Gobelins, Dubreuil est l’un des 3 artistes, avec Gromaire et Lurçat, à avoir été envoyés par Guiillaume Janneau, administrateur des Manufactures Nationales, à Aubusson fin 1939, pour rénover la production de tapisserie locale (avec la commande d’une tenture sur le thème des Jardins). S’il partage les conceptions de Lurçat sur l’influence que doit produire la tapisserie médiévale pour revitaliser le médium, ses cartons, foisonnants et résolument naturalistes (sans l’onirisme d’un Coutaud par exemple), l’éloignent de son confrère, au profit d’une proximité avec l’œuvre de Maingonnat. Notre tapisserie témoigne de la collaboration de Dubreuil avec l’A.R.T. (atelier de rénovation de la tapisserie) d’Antoine Behna (dont Janneau, en discrédit pour son rôle joué pendant la Guerre, était le conseiller artistique et technique). Le registre, allégorique, le traitement, académique, témoigne du classicisme de Dubreuil : pour Behna, il donna aussi « Vendémiaire », Vera « Fructidor » et aussi 4 tapisseries des Saisons, tous sujets éminemment traditionnels en Tapisserie. Bibliographie : G. Janneau, A. Behna, Tapisseries de notre temps, 1950, n°71Tapisserie tissée par un lissier Ch. G. pour AMI/Ami de la Paix. Circa 1945. -
Les pirates
D’abord affichiste, puis artiste-ethnographe pendant la guerre, Perrot commence son oeuvre de peintre-cartonnier à l’issue de celle-ci : il concevra près de 500 cartons, obtenant de nombreuses commandes de l’Etat (33 cartons, Perrot est le cartonnier du XXe siècle le plus représenté dans les collections du Mobilier National !), la plupart tissées à Aubusson. Son style éminemment décoratif et chatoyant est très caractéristique : traité en aplats (sans chinés, sans piqués) un foisonnement d’animaux (d’oiseaux le plus souvent), se détache, sans perspective, sur un fond végétal, dans le goût des tapisseries mille-fleurs médiévales. Carton plus narratif que d’habitude chez Perrot : l’artiste renonce alors aux semis de fleurs inspirés de la tapisserie médiévale, et privilégie les fonds noirs. Bibliographie : Tapisserie, dessins, peintures, gravures de René Perrot, Dessein et Tolra, 1982 Cat. Expo. René Perrot, mon pauvre cœur est un hibou, Aubusson, Cité Internationale de la Tapisserie, 2023Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Bascoulergue. Avec son bolduc signé de la veuve de l'artiste, n°1/6. Circa 1975. -
Annick
Elie Grekoff, proche de l'esthétique de Lurçat, réalisera plus de 300 cartons. Le thème des soleils feuillagés est un classique de l’artiste ; peut-être le titre fait-il allusion à une licière de l’Atelier de Tapisserie d’Angers, ouvert cette même année 1968, et où Grekoff fut le premier peintre-cartonnier à être tissé.Tapisserie tissée par l’ATA (Atelier de Tapisserie d'Angers) Avec son bolduc signé. 1968. -
Eau calme
C’est en 1953 que Jean Picart le Doux offre à Chaye de devenir son assistant et l’encourage à créer des cartons de tapisserie : il réalisera alors de nombreux cartons bucoliques, mais aussi des vues de Normandie (Mont Saint Michel, Honfleur, régates,…), dont il est originaire. L’élément aquatique, sous différentes formes (fontaines, rivières, étangs… est un leitmotiv chez Chaye ; il permet de délicates harmonies colorées, autours des nénuphars notamment (cf. »Blanches libellules », « Fraîcheur »…) Bibliographie : Simon Chaye tapisseries contemporaines, Editions Librairie des musées, 2014, ill. p.20Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Hamot. Avec son bolduc, n°1/6. 1965. -
Trois oiseaux blancs
Membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l’immédiat après-guerre. D’abord influencé par celui-ci, l’oeuvre de Wogensky (159 cartons d’après le catalogue d’exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d’oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S’il s’est toujours proclamé peintre, la réflexion de l’artiste sur la tapisserie est très aboutie : “Réaliser un carton mural…. c’est penser en fonction d’un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c’est aussi l’exigence d’un geste large qui transforme et accentue notre présence”. Le thème de l’oiseau, omniprésent, a, le plus souvent, une traduction abstraite, cinétique, chez Wogensky : Traits, trajectoires, forces, énergies,… sont les qualificatifs qu’emploient alors critiques et commentateurs. Pourtant, avec ses « Trois oiseaux blancs » (motif repris avec « Plein vol » en 1982), l’artiste revient à une approche plus figurative du sujet, où ailes, becs, queues sont lisibles, bien que furtifs. Bibliographie : Cat. Expo. Oiseaux solaires, oiseaux marins, tapisseries de Robert Wogensky, Paris, galerie la Demeure, n°2 ill. Cat. Expo. Robert Wogensky, l’oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989 Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989-1990Tapisserie d’Aubusson tissées par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé, n°EA/1. 1968. -
Les affluents
L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres, la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort. Motifs foisonnants (eau, végétaux, poissons, papillons…) cohabitent et convergent ici (« les affluents ») dans une synthèse de la Nature typique de l’artiste. Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Goubely. Avec son bolduc signé. Circa 1955.








