Toutes les tapisseries

  • Coq sabreur

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Picaud. Avec son bolduc signé de l'artiste. 1961.
          L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres, la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Dans la longue, et variée, généalogie des coqs de Lurçat, notre « coq sabreur » (un pléonasme ?!), est une figure tardive (1961 seulement), mais il s’agit en partie d’une reprise inversée du « Guerrier », bien antérieur, d’où les emblèmes tricolores typiques des créations de la Guerre. Un exemplaire est conservé à la Cité de la Tapisserie, Aubusson.       Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Denise Majorel, une vie pour la tapisserie, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, reproduit p.59 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013, reproduit fig.154 Cat. Expo. Jean Lurçat, Meister der französischen Moderne, Halle, Kunsthalle, 2016 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Sarabande

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc. 1954.
        Après l’habituel passage par la décoration murale dans les années 30, Jullien vient à Aubusson en 1936, se lie à Picart le Doux en 1947 et devient membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Il se consacre alors à la tapisserie avec zèle et réalisera 167 cartons, d’abord figuratifs, à la suite de Picart le Doux et de Saint-Saëns, puis sous l’influence des thèmes scientifiques abordés, il évolue vers l’abstraction. En 1981, deux ans avant sa mort, il fait don de son atelier au Musée départemental de la tapisserie à Aubusson.   Avant « Passacaille » de 1955, Jullien témoigne ici de son intérêt pour la danse et la musique, thèmes récurrents mais rarement illustrés de façon aussi explicite, avec guitare et hautbois joués comme par enchantement. Peut-être les oiseaux évoquent-ils les notes de musique qui courent le long du phylactère-partition ?     Bibliographie : Cat. Expo. Hommage à Louis-Marie Jullien, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1983  
     
  • Coucher de soleil sur l'Orient

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Four. Avec son bolduc, n°3/6. Circa 1990.       Toffoli s'est beaucoup consacré à la tapisserie avec la manufacture Robert Four, à partir de 1976, réalisant des centaines de cartons. On  y retrouve  les transparences post-cubistes propres au peintre, ainsi que ses sujets. En effet, la tapisserie de Toffoli ne se démarque pas de sa peinture : peintre-voyageur,  il illustre dans notre carton des jonques observées lors de séjours en Extrême-Orient.
  • Le secret

       
    Tapisserie tissée par l’atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé de l'artiste, n°I/VI. 1971.
       
    Exerçant le dessin publicitaire après son établissement à Nantes au début des années 30, Morin pratique, concurremment, la peinture et la gravure, figuratives d’abord, puis dans un style abstrait à partir de 1954. Son intérêt pour la décoration monumentale s’exprime dans la mosaïque (notamment dans le cadre de la loi du 1% artistique, pour des établissements scolaires du pays nantais surtout), mais aussi dans la tapisserie. Dès 1952 en effet, il se voit commander des tapisseries à sujet religieux qui seront tissés par l’atelier Plasse le Caisne (qui oeuvre aussi pour Manessier, Le Moal….), avant de travailler, à partir de 1969, avec l’atelier de Saint-Cyr de Pierre Daquin, l’un des protagonistes majeurs en France de la Nouvelle Tapisserie, et d’être exposé à la galerie la Demeure. Par la suite, et jusqu’en 1982, d’autres cartons seront tissés par les ateliers de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts d’Angers, puis par la propre fille de l’artiste, elle-même lissière.   Avec Daquin comme lissier (et comme celui- ci dans ses propres œuvres), la matière devient mode d’expression, la maîtrise technique un absolu maîtrisé : les surfaces sont animées, vibrantes des différences de textures, de points…et les poétiques cartons de Morin, aux signes délicatement symétrisés, idéalement interprétés.
        Bibliographie : Cat. Expo.  Jorj Morin, tapisseries, gravures à l'eau-forte, et quelques stèles de mosaïques, Paris, galerie La Demeure, 1974, ill. Cat. Expo. Jorj Morin, tapisseries, peintures, gravures, mosaïques, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1991-1992
  • Coquillage étoilé II

      Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Picaud. Avec son bolduc signé de l'artiste, n°2/6. Circa 1975.   Jean Picart le Doux est l'un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot "la Marseillaise". Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,...), il est membre fondateur  de l'A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L'Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l'Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,.... Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d'inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles...), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux...), l'homme, les textes,....   « Coquillage étoilé » date de 1959, et le motif réapparaît alors régulièrement, dans « l’Eau et le Feu » (1959), « la Mer et la Terre » (1960) ou « l’Homme et la Mer » (1964)… comme une évocation marine. Notre carton recentre le motif, tandis qu’un autre, homonyme, se déploie à la verticale.     Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d'art, 1972 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, tapisseries, Musée de Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980    
  • Les buveurs

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Tabard. 1944.
          Lurçat sollicite Saint-Saëns, d'abord fresquiste, dès 1940. Et, pendant la guerre, celui-ci produit ses premiers chefs d'oeuvre allégoriques, tapisseries d'indignation, de combat, de résistance : "les Vierges folles", "Thésée et le Minotaure". A l'issue de la guerre, tout naturellement, il rejoint Lurçat dont il partage les convictions (sur le carton numéroté et les tons comptés,  sur l'écriture spécifique que requiert la tapisserie,...) au sein de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie). Son univers, où la figure humaine, étirée, allongée,  tient une place considérable (comparée notamment à la place qu'elle occupe chez ses confrères Lurçat, ou Picart le Doux),  tourne autours de thèmes traditionnels : la femme, la Commedia dell'arte, les mythes grecs,..., sublimés par l'éclat des coloris et la simplification de la mise en page. Il évoluera ensuite, dans les années 60 vers des cartons plus lyriques, presque abstraits, où dominent éléments et forces cosmiques.   « Le premier exemplaire des  Buveurs  fut une commande d ‘un ami de Saint-Saëns…. Le carton des  Buveurs , tissé à 8 exemplaires revint comme une pomme de discorde dans la correspondance Tabard/ Saint-Saëns, à cause de son coût de tissage.  les Buveurs  témoignent d’une solide joie de vivre et se rattachent au thème fécond de la vigne et des Saisons… » ( Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, p.26). Le contraste thématique est saisissant d’avec les précédents cartons de l’artiste : Orion, Thésée, les vierges folles,…Il retrouvera cette légèreté dans  le braconnier  ou  le bouquet . Un exemplaire de la tapisserie a figuré à l’exposition de 1946 du Musée National d’Art Moderne « la tapisserie française du Moyen-âge à nos jours » (n°297).   Bibliographie : Jean Lurçat, Tapisserie Française, Bordas, 1947, reproduite pl.42 Cat. Expo. Saint-Saëns, galerie La Demeure, 1970 Cat. Expo. Saint-Saëns, oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997-1998, reproduit p.26 Cat. Expo. Tissages d'ateliers, tissages d'artistes, dix ans d'enrichissement des collections, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 2004, reproduit p.85  
  • Tauromachie

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Rivière des Borderies. 1946.
          Perrot commence son oeuvre de cartonnier à l’issue de la guerre, réalisant près de 500 cartons, avec de nombreuses commandes de l’Etat, la plupart tissées à Aubusson. Son style éminemment décoratif et chatoyant est très caractéristique :  un foisonnement de papillons ou d’oiseaux, le plus souvent, se détache sur un fond végétal, dans le goût des tapisseries mille-fleurs (dont s’inspirera aussi Dom Robert).   Tapisserie atypique dans l’œuvre de Perrot : gamme chromatique audacieuse de stridence, traitement inhabituellement épuré, thème singulier, comme chorégraphié, et impliquant la figure humaine ; on est près de Saint-Saëns. Mais peut-être s’agit-t-il là d’un carton de commande ?   Bibliographie : Tapisserie, dessins, peintures, gravures de René Perrot, Dessein et Tolra, 1982      
  • Serpent d'étoiles

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Tabard. Avec son bolduc signé de l'artiste. 1961.
            Membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l’immédiat après-guerre. D’abord influencé par celui-ci, l’oeuvre de Wogensky (159 cartons d’après le catalogue d’exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d’oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S’il s’est toujours proclamé peintre, la réflexion de l’artiste sur la tapisserie est très aboutie : “Réaliser un carton mural…. c’est penser en fonction d’un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c’est aussi l’exigence d’un geste large qui transforme et accentue notre présence”.   « Serpent d’étoiles » renvoie à la constellation éponyme (mais aussi à l’œuvre de Giono), à une époque (toutes les années 60) où son goût pour un absolu lyrique pousse Wogensky à traiter les astres, l’Espace, les galaxies, depuis « Cassiopée » en 1961, « Chant des étoiles » de 1962 (présentée à la Biennale de Lausanne), jusqu’à « Galaxie » (1970), conservée au Sénat. Une tapisserie similaire est conservée par le Conseil Régional du Limousin.     Bibliographie : Cat. Expo. Robert Wogensky, tapisseries, Galerie la Demeure, 1962, reproduite Cat. Expo. Robert Wogensky, l’oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989 Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989-1990, reproduite p.20 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992, reproduite p.73 Gérard Denizeau, Denise Majorel, une vie pour la tapisserie, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, reproduite p.67  
  • Jeux interplanétaires

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée dans l'atelier Four. Avec son bolduc, n°EA. Circa 1970.
      Ancien élève de l’ENAD d’Aubusson, Lartigaud conçoit son premier carton en 1968. Il en a créé depuis des centaines, surtout tissés par la Manufacture Four, dans un style abstrait parfois émaillé d’astres.  
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