Horizontal

  • Sonate

     
     
    Tapisserie tissée par l'atelier de la Tuilière à Venasque. Avec son bolduc signé, n°1/2. Circa 2000.
        Installé à Venasque après avoir pratiqué son art aux Gobelins, Daniel Drouin a conçu de nombreuses tapisseries tissées sur métiers de haute lisse. La variété des matériaux, le goût pour l’abstraction, ainsi que le tissage  par le concepteur du motif, répondent à certaines préoccupations de « la Nouvelle Tapisserie » d’alors, sans aller au-delà des 2 dimensions néanmoins.  
  • Le lamparo

     
     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Braquenié. Avec son bolduc. Circa 1960.
      Enseignant, artiste figuratif, puis abstrait, enfin néo-expressionniste, Schlegel a développé une œuvre peinte en perpétuelle évolution. Concernant la tapisserie, il a collaboré étroitement à partir de 1956 avec la manufacture Braquenié (cf. le catalogue de vente « Braquenié, une histoire du décor français », Deburaux/Sotheby’s, 27.10.2005 ), à laquelle il a confié quelques dizaines de cartons :  une esthétique singulière  commune, figurative, décorative et poétique, se développe, avec Marie Dambiermont, Colette Bardin ou Marcel Saint-Martin. Ici, la figure humaine a disparu, au profit d’une activité halieutique traditionnelle, la pêche au lamparo : les cartons « sous-marins » sont alors monnaie courante (Picart le Doux surtout), répondant à l’émerveillement que suscite le monde du silence.  
  • Le fourrage

     
     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Circa 1950.
        D’origine suisse, Froidevaux donna quelques cartons à tisser aux ateliers d’Aubusson ; il fut l’élève de Picart le Doux, dont on reconnaît ici l’influence.  
  • Gerbe enflammée

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Four Avec son bolduc, n°1/6. Circa 1970.
       
    Fumeron réalise ses premiers cartons (il en réalisera plus de 500) dès les années 40, en collaborant avec les ateliers Pinton, puis en recevant de nombreuses commandes de l'Etat, avant de participer à la décoration du paquebot "France". D'abord figuratif, et influencé par Lurçat, il évolue vers l'abstraction, avant de revenir vers une figuration colorée et réaliste à partir des années 80.   Dans une gamme chromatique resserrée (et typique de l’époque, comme de l’artiste), Fumeron poursuit son travail (« cf. les cartons « Ciel de feu », « Voile d’or », « Soleil couchant »…) sur l’incandescence, l’embrasement…, et qui repose le plus souvent sur un soleil éclatant.
       
  • Sonneries des horizons

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix, montée sur une plaque d'inox. 1993.  
    Elève de Wogensky à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués, Sautour-Gaillard voit son premier carton tissé en 1971 par l'atelier Legoueix (une collaboration qui ne s'est pas démentie par la suite), et il multiplie ensuite les projets monumentaux, dont le plus spectaculaire est "Pour un certain idéal", tenture de 17 tapisseries sur le thème de l'olympisme (conservée au Musée de l'Olympisme de Lausanne). D' abord proche de l'abstraction lyrique, l'artiste réalise dans les années 90 des cartons à base d'assemblages de motifs décoratifs, de textures et de figures, apparemment superposés et comme unifiés dans le tissage.   Tout au long de sa carrière, Sautour-Gaillard a fait tisser des petits modèles qu’il a intitulé « tapisseries-objets ». Si elles reprennent les styles successifs de l’artiste, elles s’en distinguent (hormis leurs dimensions) par le montage de la chaîne sur un support de bois ou de métal qui les rigidifie ; même « objets », ces tapisseries se veulent murales.   Bibliographie : D. Cavelier, Jean-René Sautour-Gaillard, la déchirure, Lelivredart, 2013, reproduite p.84-85
  • Le combat de coqs

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée dans l'atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français. 1946.  
     
      Adnet, à la tête de la Compagnie des Arts Français depuis 1928, souhaite redonner à la Tapisserie une place éminente dans le décor intérieur, en n’imitant pas la Peinture, et en se contraignant aux tons comptés (dans une démarche parallèle à celle de Lurçat, mais sans le carton numéroté). Il sollicite pour cela, pendant la Guerre, Coutaud, Planson, ou Brianchon, ses amis peintres (qui, du reste, seraient bientôt sollicités par les Manufactures Nationales) : “nous avons voulu démontrer que la tapisserie contemporaine trouve sa place dans un ensemble et peut aider efficacement à l’ambiance d’une pièce” (L. Chéronnet, Jacques Adnet, Art et Industrie, 1948). La compagnie des Arts Français organisa jusqu’en 1946 des expositions de tapisseries dans ses locaux : c’est à cette occasion qu’est exposée notre oeuvre de Tal-Coat.   « Le combat de coqs » apparaît ici comme une exception (en plus d’une rareté, c’est la première tapisserie de l’artiste, peut-être la seule ?) : les thèmes habituels tissés pour la C.A.F. renvoient le plus souvent à un univers aimable, qui se veut l’illustration du grand goût « à la française ». Rien de tel chez Tal-Coat, où les convulsions de l’époque apparaissent ici de façon assez transparente, dans une thématique qui restera chez lui presque absente en peinture.   Bibliographie : Art et décoration, 1946.3, ill.  
  • la lune, l'oiseau, le jardin

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé, n°2/4. 1965.
              "Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j'étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l'aide d'un code.....La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l'ai pratiquée, c'est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d'une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions" (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l'oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C'est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l'atelier Goubely); puis il rejoint l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d'autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,...), orientera résolument la tapisserie vers l'abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées et de tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige). Ce carton (dont le titre constitue un véritable inventaire descriptif), s’il reprend (peut-être ?) des choses vues, aboutit aux formes complexes, imbriquées et abstraites habituelles à l’artiste. La gamme chromatique, rare (et éloignée des teintes chaudes habituelles) n’est pas unique pour autant, comme en témoigne “duo lunaire” de 1968.   Bibliographie : Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, n°65 Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries , Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988  
  • Jazz rouge

       
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé, n°1/6. 1972.
            « Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j’étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l’aide d’un code…..La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l’ai pratiquée, c’est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d’une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions » (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l’oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C’est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l’atelier Goubely) ; puis il rejoint l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d’autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,…), orientera résolument la tapisserie vers l’abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées, dans des tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige).   “Jazz rouge” (comme son écho plus petit “Jazz jaune”) date de 1972 : l’art de Prassinos est alors en pleine évolution; on retrouve néanmoins dans notre carton sa manière caractéristique des années 60, faite de forms abstraites, complexes et imbriquées. Le titre l’inspirant l’éloigne des plus habituelles références à la mythologie, l’art classique ou le théâtre shakespearien.           Bibliographie : Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, n°133 (ill.) Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984, ill. p.12 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988    
  • Camargue

     
     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Braquenié. Avec son bolduc. Circa 1960.
     
    Graveur de formation (Prix de Rome de la gravure en taille douce en 1942), Jean Louis Viard réalise ses premiers cartons au milieu des années 50. D’abord figuratif (il travaille alors avec Picart Le Doux), il emprunte ensuite la pente naturelle de nombreux peintres -cartonniers (la même que Matégot, Tourlière ou Prassinos,…) en évoluant vers l’abstraction. Il réalise des dizaines de cartons jusque dans les années 2000, parallèlement à son travail de peintre et graveur, mais en manifestant intérêt particulier pour les matières et les textures, à l’instar des partisans de la «Nouvelle Tapisserie» dont Pierre Daquin, qui le tissa, fut l’un des protagonistes majeurs.  Ses thèmes, parfois métaphysiques (« Mémoires », « Destins »,….) brassent larges, de l’infini astronomique (« ténèbres solaires »), au minuscule cellulaire (« Mutation végétale ») : une œuvre profuse et variée en somme, régulièrement exposée à la Demeure, dans divers salons ou expositions particulières, et plus significativement au salon Comparaison dont il fut le responsable de la section Tapisseries.   Le thème des chardons, du soleil, du cheval camarguais est un leitmotiv des débuts de l’artiste (cf. ses tapisseries mécaniques [à ne pas confondre avec notre tapisserie, tissée à la main chez Braquenié] « Soleil sur les chardons », « Chardon de Camargue »), alors encore proche, dans ses thèmes et sa manière, de Picart le Doux.
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