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"On comprendra maintenant qu'après avoir fondé une peinture sur l'amour de la tapisserie, il était pour moi relativement facile, et bien tentant, de bâtir une tapisserie qui soit fidèle à ma peinture" dira l'artiste dans le catalogue d'exposition de la Galerie Verrière de 1970. Ce n'est qu'en 1961 qu'il commence à réaliser des cartons (plus d'une cinquantaine), à la fois pour la tapisserie de lisse (à Aubusson, mais aussi au Mobilier National, avec parfois le concours de Pierre Baudouin), mais aussi pour la technique du petit point. On retrouve dans notre carton la palette très audacieuse de l'artiste faite de couleurs primaires, ainsi que, thématiquement, la conjonction de l’intérêt de Lapicque, à cette époque, pour les félins, et pour l’Antiquité : évocation d’une espèce disparue, dans des vestiges en ruines qu’ils animaient lors des jeux antiques. Bibliographie : Cat. Expo.Lapicque tapisseries, Paris, Galerie Villand et Galanis, 1964-1965, ill. Cat. Expo.Lapicque, Lyon, Galerie Verrière, 1970Tapisserie au petit point. Avec son bolduc signé. 1964.
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Armoire longue
Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Tabard. Avec son bolduc. Circa 1950. -
Composition
Peintre-cartonnier, maître-lissier, directeur de la manufacture Hamot à Aubusson, ayant notamment tissé Sheila Hicks : la variété des talents d’Hecquet est indéniable. Son œuvre de peintre-cartonnier, débutée à la fin des années 60, reste néanmoins méconnue, comme celles de nombre de ses pairs de même génération. Il montre ici tout son intérêt pour la Nouvelle Tapisserie, notamment par l’usage de techniques variées.Tapisserie probablement tissée à Aubusson dans l'atelier Hecquet. Circa 1980. -
Les lumières du silence
D'abord sculpteur, utilisant les matériaux les plus divers (acier, béton, céramique,...), Borderie se découvre une passion pour la tapisserie dans les années 50, faisant tisser son premier carton en 1957. Encouragé par Denise Majorel, il reçoit en 1962 le Grand Prix National de la Tapisserie. En 1974, il est nommé directeur de L'Ecole Nationale des Arts Décoratifs d'Aubusson, dont il démissionnera très rapidement. Il a réalisé près de 500 cartons peints, abstraits, aux formes simples, dégradées dans une gamme de couleurs réduite, avec des tissages à gros points. Abstraction dynamique, gamme chromatique entre orange et marron, mêmes préoccupations autour de la lumière (et de l’ombre) que dans « les armes de la lumière » (et que chez Matégot) : un carton classique d’André Borderie. Bibliographie : Cat. Expo. André Borderie “pour l’homme simplement”, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1998 Cat. Expo. André Borderie et la tapisserie d’Aubusson, Aubusson, Manufacture Saint-Jean, 2018Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé de l'artiste, n°1/4. Circa 1970. -
Camargue
Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Braquenié. Avec son bolduc. Circa 1960.Graveur de formation (Prix de Rome de la gravure en taille douce en 1942), Jean Louis Viard réalise ses premiers cartons au milieu des années 50. D’abord figuratif (il travaille alors avec Picart Le Doux), il emprunte ensuite la pente naturelle de nombreux peintres -cartonniers (la même que Matégot, Tourlière ou Prassinos,…) en évoluant vers l’abstraction. Il réalise des dizaines de cartons jusque dans les années 2000, parallèlement à son travail de peintre et graveur, mais en manifestant intérêt particulier pour les matières et les textures, à l’instar des partisans de la «Nouvelle Tapisserie» dont Pierre Daquin, qui le tissa, fut l’un des protagonistes majeurs. Ses thèmes, parfois métaphysiques (« Mémoires », « Destins »,….) brassent larges, de l’infini astronomique (« ténèbres solaires »), au minuscule cellulaire (« Mutation végétale ») : une œuvre profuse et variée en somme, régulièrement exposée à la Demeure, dans divers salons ou expositions particulières, et plus significativement au salon Comparaison dont il fut le responsable de la section Tapisseries. Le thème des chardons, du soleil, du cheval camarguais est un leitmotiv des débuts de l’artiste (cf. ses tapisseries mécaniques [à ne pas confondre avec notre tapisserie, tissée à la main chez Braquenié] « Soleil sur les chardons », « Chardon de Camargue »), alors encore proche, dans ses thèmes et sa manière, de Picart le Doux. -
Jazz rouge
« Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j’étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l’aide d’un code…..La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l’ai pratiquée, c’est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d’une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions » (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l’oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C’est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l’atelier Goubely) ; puis il rejoint l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d’autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,…), orientera résolument la tapisserie vers l’abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées, dans des tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige). “Jazz rouge” (comme son écho plus petit “Jazz jaune”) date de 1972 : l’art de Prassinos est alors en pleine évolution; on retrouve néanmoins dans notre carton sa manière caractéristique des années 60, faite de forms abstraites, complexes et imbriquées. Le titre l’inspirant l’éloigne des plus habituelles références à la mythologie, l’art classique ou le théâtre shakespearien. Bibliographie : Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, n°133 (ill.) Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984, ill. p.12 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé, n°1/6. 1972. -
la lune, l'oiseau, le jardin
"Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j'étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l'aide d'un code.....La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l'ai pratiquée, c'est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d'une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions" (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l'oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C'est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l'atelier Goubely); puis il rejoint l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d'autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,...), orientera résolument la tapisserie vers l'abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées et de tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige). Ce carton (dont le titre constitue un véritable inventaire descriptif), s’il reprend (peut-être ?) des choses vues, aboutit aux formes complexes, imbriquées et abstraites habituelles à l’artiste. La gamme chromatique, rare (et éloignée des teintes chaudes habituelles) n’est pas unique pour autant, comme en témoigne “duo lunaire” de 1968. Bibliographie : Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Mario Prassinos, œuvre tissé, La Demeure, 1974, n°65 Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries , Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé, n°2/4. 1965. -
Le combat de coqs
Adnet, à la tête de la Compagnie des Arts Français depuis 1928, souhaite redonner à la Tapisserie une place éminente dans le décor intérieur, en n’imitant pas la Peinture, et en se contraignant aux tons comptés (dans une démarche parallèle à celle de Lurçat, mais sans le carton numéroté). Il sollicite pour cela, pendant la Guerre, Coutaud, Planson, ou Brianchon, ses amis peintres (qui, du reste, seraient bientôt sollicités par les Manufactures Nationales) : “nous avons voulu démontrer que la tapisserie contemporaine trouve sa place dans un ensemble et peut aider efficacement à l’ambiance d’une pièce” (L. Chéronnet, Jacques Adnet, Art et Industrie, 1948). La compagnie des Arts Français organisa jusqu’en 1946 des expositions de tapisseries dans ses locaux : c’est à cette occasion qu’est exposée notre oeuvre de Tal-Coat. « Le combat de coqs » apparaît ici comme une exception (en plus d’une rareté, c’est la première tapisserie de l’artiste, peut-être la seule ?) : les thèmes habituels tissés pour la C.A.F. renvoient le plus souvent à un univers aimable, qui se veut l’illustration du grand goût « à la française ». Rien de tel chez Tal-Coat, où les convulsions de l’époque apparaissent ici de façon assez transparente, dans une thématique qui restera chez lui presque absente en peinture. Bibliographie : Art et décoration, 1946.3, ill.Tapisserie d’Aubusson tissée dans l'atelier Pinton pour la Compagnie des Arts Français. 1946. -
Sonneries des horizons
Elève de Wogensky à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués, Sautour-Gaillard voit son premier carton tissé en 1971 par l'atelier Legoueix (une collaboration qui ne s'est pas démentie par la suite), et il multiplie ensuite les projets monumentaux, dont le plus spectaculaire est "Pour un certain idéal", tenture de 17 tapisseries sur le thème de l'olympisme (conservée au Musée de l'Olympisme de Lausanne). D' abord proche de l'abstraction lyrique, l'artiste réalise dans les années 90 des cartons à base d'assemblages de motifs décoratifs, de textures et de figures, apparemment superposés et comme unifiés dans le tissage. Tout au long de sa carrière, Sautour-Gaillard a fait tisser des petits modèles qu’il a intitulé « tapisseries-objets ». Si elles reprennent les styles successifs de l’artiste, elles s’en distinguent (hormis leurs dimensions) par le montage de la chaîne sur un support de bois ou de métal qui les rigidifie ; même « objets », ces tapisseries se veulent murales. Bibliographie : D. Cavelier, Jean-René Sautour-Gaillard, la déchirure, Lelivredart, 2013, reproduite p.84-85Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix, montée sur une plaque d'inox. 1993. -
Gerbe enflammée
Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Four Avec son bolduc, n°1/6. Circa 1970.Fumeron réalise ses premiers cartons (il en réalisera plus de 500) dès les années 40, en collaborant avec les ateliers Pinton, puis en recevant de nombreuses commandes de l'Etat, avant de participer à la décoration du paquebot "France". D'abord figuratif, et influencé par Lurçat, il évolue vers l'abstraction, avant de revenir vers une figuration colorée et réaliste à partir des années 80. Dans une gamme chromatique resserrée (et typique de l’époque, comme de l’artiste), Fumeron poursuit son travail (« cf. les cartons « Ciel de feu », « Voile d’or », « Soleil couchant »…) sur l’incandescence, l’embrasement…, et qui repose le plus souvent sur un soleil éclatant. -
Le fourrage
D’origine suisse, Froidevaux donna quelques cartons à tisser aux ateliers d’Aubusson ; il fut l’élève de Picart le Doux, dont on reconnaît ici l’influence.Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Circa 1950. -
Le lamparo
Enseignant, artiste figuratif, puis abstrait, enfin néo-expressionniste, Schlegel a développé une œuvre peinte en perpétuelle évolution. Concernant la tapisserie, il a collaboré étroitement à partir de 1956 avec la manufacture Braquenié (cf. le catalogue de vente « Braquenié, une histoire du décor français », Deburaux/Sotheby’s, 27.10.2005 ), à laquelle il a confié quelques dizaines de cartons : une esthétique singulière commune, figurative, décorative et poétique, se développe, avec Marie Dambiermont, Colette Bardin ou Marcel Saint-Martin. Ici, la figure humaine a disparu, au profit d’une activité halieutique traditionnelle, la pêche au lamparo : les cartons « sous-marins » sont alors monnaie courante (Picart le Doux surtout), répondant à l’émerveillement que suscite le monde du silence.Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Braquenié. Avec son bolduc. Circa 1960. -
Sonate
Installé à Venasque après avoir pratiqué son art aux Gobelins, Daniel Drouin a conçu de nombreuses tapisseries tissées sur métiers de haute lisse. La variété des matériaux, le goût pour l’abstraction, ainsi que le tissage par le concepteur du motif, répondent à certaines préoccupations de « la Nouvelle Tapisserie » d’alors, sans aller au-delà des 2 dimensions néanmoins.Tapisserie tissée par l'atelier de la Tuilière à Venasque. Avec son bolduc signé, n°1/2. Circa 2000. -
Appassionata
Van Vlasselaer (1907-1982) est l'auteur de nombreuses compositions murales monumentales, ainsi que de vitraux. Dès 1950, il crée des cartons de tapisserie inspirés de scènes de la vie quotidienne, du folklore flamand et de la nature, à l’aune des membres du groupe « Forces Murales ». Son oeuvre, d'abord figurative, évolue vers de denses sujets végétaux aux motifs acérés, qui se déploient sur des fonds géométriques, influencée par le cubisme. S’il n’a jamais complétement évolué vers l’abstraction, certains cartons de van Vlasselaere sont difficiles à lire d’un point de vue strictement figuratif (quelques fleurs, des mains…) : mais peut-être ici n’a-t-il voulu qu’évoquer un sentiment, la Passion, ou transposer en tapisserie la célèbre sonate de Beethoven ? Bibliographie : R. Avermaete, van Vlasselaer Tapisseries, Editions Arcade, 1973, reproduit p.92Tapisserie tissée par l'atelier Braquenié. Avec son bolduc, n°4. 1971. -
Silence
Elève de Léon Detroy, Gaston Thiéry est l’un des derniers représentants de l’école de peinture de Crozant. Etabli donc en Creuse, il aborde la tapisserie en 1965 avec l’atelier Andraud, à qui il confie des cartons inspirés par la flore locale, dans une veine décorative à mi-chemin entre l’oeuvre de Dom Robert et celle de Maingonnat, bien loin de ses tableaux de paysage influencés par l’impressionnisme.Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Andraud. Avec son bolduc signé, n°4/6. 2009. -
Clos limousin
Elève de Léon Detroy, Gaston Thiéry est l’un des derniers représentants de l’école de peinture de Crozant. Etabli donc en Creuse, il aborde la tapisserie en 1965 avec l’atelier Andraud, à qui il confie des cartons inspirés par la flore locale, dans une veine décorative à mi-chemin entre l’oeuvre de Dom Robert et celle de Maingonnat, bien loin de ses tableaux de paysage influencés par l’impressionnisme.Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Andraud. Avec son bolduc signé, n°5/6. Circa 1980. -
Automne
Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Picaud. Avec son bolduc signé, n°EA. Circa 1975. -
Pastorale rouge
Artiste polyvalent (graveur, médailleur, céramiste, fresquiste…), Savin est sollicité pendant la guerre par Guillaume Janneau, qui admire la monumentalité intemporelle et réaliste de son esthétique (et dont il soupçonnait qu’elle n’aurait nul besoin de transposition pour convenir à la Tapisserie), pour concevoir des cartons pour les Manufactures Nationales : « les plaisirs et les travaux champêtres » ( 4 cartons), puis les « 12 mois de l’année » sont créés simultanément à son travail avec la Compagnie des Arts Français. L’influence des aspects techniques de la tapisserie médiévale est très prégnante chez l’artiste, attentif aux colorants naturels en gamme réduite, aux formes simples permises par la technique du gros point,… Il fut l’un des artistes les plus représentés à l’exposition séminale de 1946, avec 7 pièces (seuls Lurçat, Saint-Saëns et Gromaire en eurent plus). Saturation des couleurs (digne d’un Matisse), hymne à la Nature (la variété des feuillages…), thème pastoral (allusif : le chapeau de paille, la cape,…) : toute la saveur rustique, et l’exploitation des moyens inhérents à la Tapisserie (teintures végétales, gros point…), typiques de Savin, sont ici illustrés. Bibliographie : Cat. Expo. La tapisserie française du Moyen-âge à nos jours, Paris, Musée d’art moderne, 1946 Cat. Expo. Le Mobilier National et les Manufactures Nationales sous la IVe République, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 1997 Cat. Expo. La Manufacture des Gobelins dans la 1ère moitié du XXe siècle, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 1999Tapisserie. 1945. -
Les boeufs
Artiste polyvalent (graveur, médailleur, céramiste, fresquiste…), Savin est sollicité pendant la guerre par Guillaume Janneau, qui admire la monumentalité intemporelle et réaliste de son esthétique (et dont il soupçonnait qu’elle n’aurait nul besoin de transposition pour convenir à la Tapisserie), pour concevoir des cartons pour les Manufactures Nationales : « les plaisirs et les travaux champêtres » ( 4 cartons), puis les « 12 mois de l’année » sont créés simultanément à son travail avec la Compagnie des Arts Français. L’influence des aspects techniques de la tapisserie médiévale est très prégnante chez l’artiste, attentif aux colorants naturels en gamme réduite, aux formes simples permises par la technique du gros point,… Il fut l’un des artistes les plus représentés à l’exposition séminale de 1946, avec 7 pièces (seuls Lurçat, Saint-Saëns et Gromaire en eurent plus). « Les bœufs » témoigne encore, en 1945, de la veine rurale-bucolique qui répondait aux préoccupations du régime de Vichy (et dont témoigne la tenture « les plaisirs et travaux champêtres »). Savin reprendra ensuite l’attelage frontal (mais dans des couleurs plus naturelles) dans « Juin, la fenaison », de la tenture « les 12 mois de l’année », tissée aux Gobelins entre 1947 et 1950. Un exemplaire de notre carton a figuré à l’exposition de 1946. Bibliographie : Cat. Expo. La tapisserie française du Moyen-âge à nos jours, Paris, Musée d’art moderne, 1946 Sieben Jahrhunderte Französische Wandteppiche, Wort und Tat, 1946, ill. Cat. Expo. Le Mobilier National et les Manufactures Nationales sous la IVe République, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 1997 Cat. Expo. La Manufacture des Gobelins dans la 1ère moitié du XXe siècle, Beauvais, Galerie nationale de la Tapisserie, 1999Tapisserie. Avec son bolduc. 1944. -
Soleil fermé
Michel Tourlière, de par son oeuvre, de par ses responsabilités, est l’un des grands animateurs du renouveau de la Tapisserie au XXe siècle. Formé à L’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Toulière rencontre Lurçat dès 1945, éxécute son premier carton “le vigneron” en 1946 (année où il se fixe à Aubusson), est membre fondateur de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1947. Après ces débuts fulgurants, il devient professeur à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson, puis directeur de celle-ci en 1960, enfin directeur de celle de Paris en 1970, en même temps qu’il crée la Délégation à la création au Ministère de la Culture. Malgré ses nombreuses responsabilités officielles (qui lui vaudront d’ailleurs de nombreuses commandes publiques), Tourlière réalise de nombreux cartons (300 environ) dans un style abstrait lyrique, transcription personnelle de la nature, fait de formes simplifiées (volutes, lentilles,…) dans des tons souvent chauds, teintes d’automne (oranges, rouges, bruns), striées (technique du “piqué”) pour donner un effet de relief ondulant. Notre carton est tout à fait caractéristique des créations de l'artiste du milieu des années 60 : même gamme chromatique générale, même rayures pour obtenir des effets de vibrations, mêmes formes ondulantes. Son titre l’oriente pourtant plutôt vers les cieux que vers la Terre, le terroir même (cf. « le chemin de sable », « vignes assemblées »…). La bibliographie renvoie à un exemplaire, de dimensions différentes (280 x 300 cm), pièce unique conservée par les établissements Kriter à Beaune. Bibliographie : Tapisserie d’Aubusson, Association du développement du pays d’Aubusson, 1983, ill.p.36 Cat. Expo. Tourlière rétrospective 1945-1985, Paris Arts Center, 1986, ill. p.66 Cat. Expo. Tourlière, Tapisseries, dessins 1945-1992, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1992-1993 Cat. Expo. Michel Tourlière rétrospective, Musée des Beaux-Arts de Beaune, 2017Tapisserie d’Aubusson tissées par l’atelier Goubely. N°1/6. 1965 ou 1967. -
Belzébuth
L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres, la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort. L'emprunt du thème du bouc (comme celui du coq d'ailleurs, auquel il est fréquemment associé, dans une polarité propre à l'artiste) au monde rural est sublimé chez Lurçat : le bouc a une connotation négative, voire démoniaque comme en témoigne le titre "Belzébuth" qui revient régulièrement chez l'artiste. Le bouc s'inscrit donc dans le système allégorique de l'artiste avec une fonction particulière, de menace, de danger toujours, née pendant la guerre ; mais il est aussi une force constitutive de la Vie, insérée comme ici dans les feuillages et la nature. Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Goubely. Avec son bolduc. Circa 1945. -
La pintade à l'oeuf d'or
Fumeron réalise ses premiers cartons (il en réalisera plus de 500) dès les années 40, en collaborant avec les ateliers Pinton, puis en recevant de nombreuses commandes de l'Etat, avant de participer à la décoration du paquebot "France". D'abord figuratif, et influencé par Lurçat, il évolue vers l'abstraction, avant de revenir vers une figuration colorée et réaliste à partir des années 80. Motifs (oiseaux, arbre, chenilles…), construction orthogonale de la composition (les troncs verticaux, les bandes de couleurs horizontaux décalées) sont caractéristiques de l’artiste dans les années 50.Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Legoueix. Circa 1955. -
Tapis de jardin
Après l’habituel passage par la décoration murales dans les années 30, Jullien vient à Aubusson en 1936, se lie à Picart le Doux en 1947 et devient membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Il se consacre alors à la tapisserie avec zèle et réalisera 167 cartons, d’abord figuratives, à la suite de Picart le Doux et de Saint-Saëns, puis sous l’influence des thèmes scientifiques abordés, il évolue vers l’abstraction. En 1981, deux ans avant sa mort, il fait don de son atelier au Musée départemental de la tapisserie à Aubusson. La mise en abyme (la tapisserie intitulée « tapis »), le traitement fantaisiste (le chat malicieux), la perspective niée (le rectangle de jardin mis à plat), les échos à ses confrères (dom Robert, Picart le Doux) font de ce carton lyrique une synthèse des préoccupations d’alors de l’artiste. Bibliographie : Cat. Expo. Hommage à Louis-Marie Jullien, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1983Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Simone André. 1953. -
Le ruffian
Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Picaud. Avec son bolduc signé, n°1/8. Circa 1970. -
Bocage II
Perrot commence son oeuvre de cartonnier à l'issue de la guerre, réalisant près de 500 cartons, avec de nombreuses commandes de l'Etat (33 cartons, Perrot est le cartonnier du XXe siècle le plus représenté dans les collections du Mobilier National !), la plupart tissées à Aubusson. Son style éminemment décoratif et chatoyant est très caractéristique : un foisonnement de papillons ou d'oiseaux , le plus souvent, se détache sur un fond végétal, dans le goût des tapisseries mille-fleurs (dont s'inspirera aussi Dom Robert). Carton foisonnant typique de René Perrot : Oiseaux et végétation se conjuguent ici pour donner la vision de l’artiste d’un écosystème particulier. La tapisserie existe en un autre modèle, moins grand, sans la bande d’oiseaux de droite. Bibliographie : Tapisserie, dessins, peintures, gravures de René Perrot, Dessein et Tolra, 1982 reproduit p.69 (comme « le bocage ») Cat. Expo. René Perrot, mon pauvre cœur est un hibou, Aubusson, Cité Internationale de la Tapisserie, 2023Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc, n°4/6. Circa 1970. -
Farfadet
Après l’habituel passage par la décoration murales dans les années 30, Jullien vient à Aubusson en 1936, se lie à Picart le Doux en 1947 et devient membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Il se consacre alors à la tapisserie avec zèle et réalisera 167 cartons, d’abord figuratives, à la suite de Picart le Doux et de Saint-Saëns, puis sous l’influence des thèmes scientifiques abordés, il évolue vers l’abstraction. En 1981, deux ans avant sa mort, il fait don de son atelier au Musée départemental de la tapisserie à Aubusson. Témoignage de l’imagination (de l’imaginaire) fantaisiste et malicieuse de Jullien, notre « Farfadet » (qui n’en a que le nom, plus Pégase que feu follet) invite à une relecture de thèmes folkloriques venus du fond des âges, pour lequel l’artiste avait une forte inclination. Bibliographie : Cat. Expo. Hommage à Louis-Marie Jullien, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1983Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°2/4. 1958.


























